lundi 8 avril 2013

Mariage pour tous au TGP

En 1634, Isaac de Benserade, un jeune poète de vingt-deux ans, écrivait une extravagante comédie, Iphis et Iante.

Oubliée aujourd’hui, elle est pourtant d’une audace et d’une modernité uniques : inspirée des Métamorphoses d’Ovide, elle raconte l’amour que se portent deux jeunes filles : l’une, Iphis, mystérieusement élevée sous l’aspect d’un garçon, l’autre, Iante, sa voisine. Leurs pères ont décidé de les marier. Iphis se sait fille, mais qu’importe, cette passion la dévore. Les pères décident d’avancer la cérémonie, le mariage est conclu, et même consommé. S’ensuivent une série de bouleversements, un scandale public et même une intervention de la déesse Isis. Il est bien dommage qu'aucun compositeur d'opéra ne se soit emparé d'un aussi beau sujet.

Né en 1612 au sein d'une famille protestante convertie au catholicisme, Isaac de Benserade fût le protégé du cardinal de Richelieu, du duc de Brézé, de Mazarin et de Louis XIV. Pensionné à la hauteur de six cents livres par an par Richelieu, on lui doit une épitaphe célèbre à la mort de ce dernier : Cy-gist, oui, gist, par la mort-bleu ! Le cardinal de Richelieu ; Et ce qui cause mon ennui, Ma pension avecque lui.

Il composa à l’âge de vingt-trois ans sa première tragédie, Cléopâtre, pour l’actrice Mademoiselle Bellerose, qui lui fera définitivement abandonner toute forme de vocation religieuse. Puis, en 1634, Iphis et Iante est donné à l'Hôtel de Bourgogne.

Cependant, ce n’est pas le genre dramatique qui le fit accéder au succès mais plutôt celui des divertissements de cour dont, en collaboration avec son ami musicien Michel Lambert, il fut l’ordonnateur pendant vingt-cinq ans. Entre 1651 et 1681, il composa une vingtaine de ballets. Travaillant beaucoup avec Lulli, il fût en ce domaine le grand rival de Molière.

Il entra à l’Académie Française en 1674. Grâce à sa charge de maître des Eaux et Forêts, dont il avait hérité de son père, il avait, peut-on lire, 12 000 livres de rentes et roulait carrosse. Il se retira quelques années plus tard dans sa maison de Gentilly, où il mourut, en 1694, à l'âge de 82 ans -ce qui était pour l'époque quasi canonique.

La pièce sera donnée au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis, du lundi 15 avril au 6 mai 2013, tous les jours sauf le mercredi. Renseignements sur le site du TGP :


4 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Je suppose que tu nous donneras un compte-rendu de ce spectacle...
Je ne connais cet Isaac de Benserade : ce n'est plus vrai maintenant.
A bientôt.

jefopera@gmail.com a dit…

Oui, les places sont prises et ce sera une entière découverte.....

Lisa a dit…

Le TGP nous gate en ce moment, pourvu que ca dure......

MartinJP a dit…

Comme quoi on pouvait semble-t-il êtres très modernes au siècle de Louis XIV (que les familles coincées versaillaises qui défilent en ce moment en criant des injures homophobes en prennent de la graine, ils sont malheureusement pour la plupart incultes et abruytis par leur bigoterie, c'est l'influence de Mme de Maintenon mais pardon, je m'égare