samedi 2 mars 2013

Opéra de Paris Saison 2013 2014

La langue natale de la beauté

L’italien sera la première langue que nous parlerons la saison prochaine sur les scènes de Garnier et Bastille. La langue de Dante et de Michel-Ange a été la langue natale de l’opéra et nous remonterons d’ailleurs jusqu’à cette naissance, avec le flamboyant Couronnement de Poppée de Monteverdi, sans doute le premier chef-d’oeuvre absolu de l’histoire de l’opéra, comparable aux tragédies de Shakespeare ou aux grandes toiles de Titien et de Véronèse. Rinaldo Alessandrini et Robert Wilson en seront les maîtres d’oeuvre. Au Palais Garnier, et dans le même italien, nous reprendrons quelques productions classiques de notre maison : Così fan tutte et La Clémence de Titus de Mozart, Alcina de Haendel et L’Italienne à Alger de Rossini. 

À l’Opéra Bastille, nous fêterons deux grands retours et une première. Aida n’a pas été donné à l’Opéra depuis plus d’un demi-siècle et n’a donc jamais été joué sur le plateau prédestiné de Bastille. À l’occasion du bicentenaire Verdi – et d’abord pour l’oeuvre elle-même, un des sommets du compositeur –, voici donc une nouvelle et attendue Aida, dirigée par notre directeur musical Philippe Jordan, avec les choeurs de Patrick Marie Aubert, et dans la vision sans doute peu conventionnelle d’Olivier Py. Les Puritains de Bellini avaient eux aussi disparu depuis longtemps de l’affiche et nous sommes heureux de pouvoir programmer à nouveau cet ouvrage ensorcelant dans une nouvelle production de Laurent Pelly, avec une jeune chanteuse italienne Maria Agresta, qui sera sans doute une révélation pour notre public. Les amateurs de chant romantique seront particulièrement à la fête cette saison puisque nous leur offrirons également la réponse de Donizetti à ces Puritains qui avaient fait fureur à Paris, Lucia di Lammermoor, avec Patrizia Ciofi et Sonya Yoncheva en alternance, mais aussi I Capuleti et i Montecchi avec Ekaterina Siurina, Karine Deshayes et Charles Castronovo. 

Après Aida, nous reviendrons à Verdi pour une nouvelle production de La Traviata, cet ouvrage à part dans l’histoire de l’opéra, héritier du chant romantique mais aussi vision sans concession de la société et bouleversant portrait de femme. Après son inoubliable Werther, repris par ailleurs, Benoît Jacquot mettra en scène cette nouvelle Traviata dans laquelle Diana Damrau fera enfin ses débuts sur scène à l’Opéra de Paris.

Plus d’un siècle après sa création, La Fanciulla del West entrera enfin au répertoire de l’Opéra de Paris. Voilà une absence qui ne s’explique pas : cet ouvrage se situe à même hauteur que La Bohème ou « Butterfly », deux ouvrages sublimes et populaires qui font aussi partie de notre saison. La Fanciulla del West, créé à New York en 1910, est une magistrale leçon de théâtre, avec des personnages immédiatement attachants, mais aussi une prodigieuse leçon de musique, révélant une science de l’orchestration qui n’a rien à envier à Strauss ou Debussy. Nina Stemme et Marco Berti seront les héros de cette aventure du bout du monde. 

En ouverture de saison, Marc Minkowski et Olivier Py feront renaître au Palais Garnier le prodigieux Alceste de Gluck, fascinante tragédie en musique, avec Sophie Koch et Roberto Alagna. Outre Aida, Philippe Jordan dirigera deux autres nouvelles productions, toutes deux signées Robert Carsen : Elektra et La Flûte enchantée. Il dirigera aussi une reprise attendue du Tristan et Isolde de Wagner avec Violeta Urmana et Robert Dean Smith. Notre directeur musical est aussi au coeur d’une riche saison de concerts, rendez-vous à présent plébiscités par notre public. 

Nicolas Joël

4 commentaires:

François a dit…

Je sais pas trop ce que j'en pense mais c'est loin de faire rêver... c'est pas fun et le nombre de chanteurs français sur les planches du grand opéra parisien n'augmente certainement pas... Les saisons passent et se ressemblent... dommage !

Jean Claude Mazaud a dit…

Espérons que Benoit Jacquot réussira aussi bien la mise en scène de Traviata que celle de Werther.
Mais qui sera l'Alfredo de Diana Damrau.
Amitiés et Bon week-end
Ps : ce soir Parsifal retransmis du Met (j'ai peur de ne pouvoir tenir le coup...)

jefopera@gmail.com a dit…

C'ets vrai que le programme n'est pas très enthousiasmant et aucune production ne se détache vraiment, tant au niveau du casting que de la mise en scène....
L'an prochain encore, direction salle Favart ....

jefopera@gmail.com a dit…

Bon courage Jean-Claude pour Parsifal, c'est un superbe opéra mais c'est souvent dur de tenir 5 heures....