dimanche 17 février 2013

Sommet

Quand j'ai découvert les symphonies de Beethoven, c'était dans l'interprétation de Joseph Krips avec le London Symphony Orchestra. Je m'en suis très longtemps satisfait. Pour l'avoir réécouté récemment, je ne lui trouve d'ailleurs pas une ride, tant au niveau de l'interprétation que de la qualité de l'enregistrement.

Ensuite, je suis allé voir du côté des dinosaures, Fürtwangler, Toscanini, Szell et quelques autres, ne jurant plus alors que par eux. 

Puis la mode fût aux baroqueux et j'ai jeté les vieilles cires aux orties pour me décrasser les oreilles avec de vilains orchestres anorexiques aux sonorités grinçantes. Pas pour longtemps toutefois.

Lorsque John-Eliot Gardiner proposa sa belle version, je pensais avoir réglé le problème. Jusqu'à ce que, la semaine dernière, je tombe sur l'intégrale enregistrée par Karajan avec la Philarmonie de Berlin dans les années 60.

Dois-je avouer que je ne la connaissais pas ?

Vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde, le coffret Deutsche Grammophon fût pourtant un des plus grands succès de l'édition classique.

Ce n'était certainement pas par snobisme car j'ai toujours eu une profonde admiration pour le chef autrichien, mais voila, cela ne s'est pas fait, tout bêtement. Je suis passé à côté, un peu comme de ces monuments parisiens que l'on longe tous les matins pour se rendre au travail sans les regarder, à peine surpris de les voir admirés et photographiés par des touristes venus par millions, souvent de l'autre bout du monde.

Juste une image, celle d'un panorama que l'on découvre au terme d'une longue ascension, un paysage clair, dégagé, lumineux où chaque détail trouve sa place dans un ensemble que pour la première fois, du sommet, on appréhende en entier. Il a fallu grimper longtemps mais la récompense est belle.

Je crois qu'il aurait aimé cette image, je l'espère en tout cas.


5 commentaires:

JCMEMO a dit…

C'est un moment privilégié dans ta vie de mélomane que tu évoques. C'est beau..
J'ai découvert récemment sur Mezzo (j'ai pu l'enregistrer) la version de Karajan du Requiem de Verdi, filmé à la Scala par H.G. CLouzot) Beau moment aussi : Leontyne Price, Fiorenza Cossotto, Nicolai Ghiaurof et le tout jeune Pavarotti qui remplaçait Carlo Bergonzi initialement prévu...
Amicalement.

MartinJP a dit…

Il est enfin de temps, plus de 20 ans après la disparition de Karajan, de reconnaître son génie. Il est insurpassé dans la plupart du grand répertoire allemand, les symphonies de Sibelius et dans certaines pièces de Ravel et Debussy.
Son hypermédiatisation, les pincements de bec des critiques parisiens et autres pédants de France Musique et les polémiques méprisables sur son passé ont malheureusement un peu terni l'icône, mais on revient toujours à Karajan, comme à Beethoven d'ailleurs.
Merci de lui rendre ce bel hommage.

ChrisParis a dit…

Merci pour Karajan à qui je voue un culte.....

jefopera@gmail.com a dit…

J'ai commandé hier le DVD du reuqime de Verdi ! merci pour le conseil
JeF

Valentin a dit…

Une valeur sûre et indémodable comme d'ailleurs la plupart des enregistrements de Karajan. Sauf ses baroques qui sont aujourd'hui vraiment démodés!