lundi 21 janvier 2013

Wagner au Siam

Triste et frigorifié, je retrouve Paris au terme de deux belles semaines de vacances en Thaïlande.

Lançant hier une petite recherche sur la vie musicale siamoise, j'ai découvert l'existence d'un personnage original et talentueux, que l'International Herald Tribune a récemment défini comme l'expatrié thaïlandais le plus connu à travers le monde

Bon, je ne suis pas sûr d'être le seul à tout ignorer de lui, mais il est sûr que Somtow Papinian Sucharitkul gagne à être connu.

Fils de Sampong Sucharitkul, qui a été vice-président de la Commission du droit international des Nations unies entre 1977 et 1986, Somtow naît à Bangkok le 30 décembre 1952. Il part en Grande-Bretagne dès l'âge de six mois et l'anglais sera sa langue maternelle. Au début des années 1960, il passe cinq ans en Thaïlande, pendant lesquels il apprend la langue de ses ancêtres, avant de revenir en Angleterre, à Cambridge, pour y poursuivre ses études.

Dans les années 70, alors qu’il est encore étudiant, il commence à composer et, très vite, son œuvre est jouée un peu partout. Le Gouvernement de son pays le nomme rapidement représentant thaïlandais de la Ligue des Compositeurs Asiatiques à l’UNESCO. Toutefois, ses compositions ne sont gère appréciées dans son pays et certaines provoquent même le scandale. Nul n'est prophète en son pays, c'est bien connu.

Somtow se lance alors dans la littérature de science-fiction et trouve le succès grâce à plusieurs séries, parmi lesquelles Mallworld, Les Chroniques de l'Inquisition et Aquila (traduites et publiées en français). Passant de la SF au gore, il écrit quelques années plus tard -mais bien avant la mode actuelle- une trilogie de vampires, Timmy Valentine.

Mais revenons à la musique.

L'oeuvre de Somtow regroupe cinq symphonies, un ballet -Kaki- ainsi que le Requiem in memoriam 9/11, commandé par le Gouvernement thaïlandais en hommage aux victimes des attentats du 11 septembre.

En 2000, il compose son premier opéra, Madana, qui est aussi la première oeuvre lyrique "occidentale" écrite par un Thaïlandais. On peut en découvrir quelques extraits, disponibles sur Deezer :

http://www.deezer.com/fr/album/786964

et en voir le ballet sur Youtube :


En 2006, nommé directeur artistique de l'Opéra de Bangkok, Somtow présente son deuxième opéra, Mae Naak, et conduit la première représentation de L'Or du Rhin dans le Sud-Est asiatique. Il envisagerait de monter l'intégrale de La Tétralogie prochainement.

Wotan en roi siamois, cela surprend un peu mais pourquoi pas ?


4 commentaires:

MartinJP a dit…

Voila qui est bien surprenant....

Melle Marthe a dit…

N'auriez-pas un petit penchant pour le kitsch ? Après les coussins au crochet, la chinoiserie clinquante....

Anonyme a dit…

On aura tout vu !

Valentin a dit…

Wagner passe donc à toutes les sauces, même les plus kitsch !