mercredi 30 janvier 2013

La Favorite revient à Paris

Au XIXème siècle, le succès et la renommée d'un compositeur d'opéras passait obligatoirement par Paris. Même Wagner et Verdi durent se frotter au redoutable public parisien et se plier à ses exigences. Mais aucun des deux géants dont nous fêtons cette année le bicentenaire ne connût le succès de Donizetti, le compositeur le plus joué dans la capitale entre 1835 et 1845. 

1840 marque sans doute l'apogée de cette histoire d'amour entre Gaetano et les Parisiens, avec les créations, à l'Opéra Comique, de La Fille du Régiment le 11 février et de La Favorite le 2 décembre. Malgré un accueil assez réservé le soir de la première, La Favorite connaîtra près de 700 représentations jusqu’en 1918 avant de disparaître du répertoire des scènes françaises. 

L’histoire, qui se passe vers 1340, en Castille, raconte le chassé croisé amoureux entre le roi Alphonse XI, sa maîtresse Leonor de Guzman (la Favorite) et son amant, le novice Fernand. Tout cela sur fond d'intrigues et de luttes de pouvoir entre l’Eglise et l’Etat. 

Piotr Kaminski (Mille et un opéras, Fayard) explique que "l'essentiel de la musique de La Favorite appartient à l'Ange de Nissida, qui fût à son tour débiteur d'un opéra italien de Donizetti plus ancien et resté inachevé, Adelaïde. En dehors de la célèbre romance de Fernand "Ange si pur" reprise du Duc d'Albe, la partition porte également la trace d'emprunts remontant jusqu'à Pia de Tolomei et l'Assedio di Calais". Tout cela ressemblerait-il à du gloubiboulga ?

Et bien non, justement. De cet assemblage assez osé, Donizetti a réussi, avec son coup de patte génial, à concocter une superbe partition qui inscrit La Favorite au premier rang de ses oeuvres. Le quatrième acte notamment, qu'adorait Toscanini, concentre les meilleures qualités de l'opéra et, de la première note au dernier accord, recèle une force dramatique et une richesse mélodique remarquables.

Pour ce retour sur une scène parisienne d’où elle fut absente pendant si longtemps, l’œuvre est présentée du 7 au 17 février prochain par le Théâtre des Champs Elysées dans une mise en scène de Valérie Nègre. Paolo Arrivabeni sera à la tête de l’Orchestre National de France.

Je me réjouis déjà du plaisir d'écouter Ludovic Tézier dans le rôle d'Alphonse XI, accompagné d'Alice Coote (Leonor di Gusman) et de Marc Laho (Fernand).

Sur le site du Théâtre des Champs Elysées, on peut découvrir un petit extrait des répétitions :

5 commentaires:

JCMEMO a dit…

Une belle soirée en perspective..
J'attenf le compte rendu avec impatience.
Bonne journée.

MartinJP a dit…

Opéra à découvrir donc.

jefopera@gmail.com a dit…

Finalement, générale annulée : je n'ai pas pu y aller, tant pis....

Melle Marthe a dit…

De très beaux airs, dommage en effet que La Favorite ne soit plus favorite des programmations (oh la la je me surpasse)...

Valentin a dit…

Découverte pour moi également qui ne connait de Donizetti que Don Pasquale et Lucia