mardi 1 janvier 2013

2013, Verdi et Wagner


2013 est l'année du double bicentenaire Wagner et Verdi. De nombreuses manifestations culturelles vont célébrer cet anniversaire exceptionnel : colloques, expositions, parutions de livres et bien sûr de très nombreuses représentations d'opéras, sur la terre entière. Nous en parlerons largement, je l'espère, tout au long de cette nouvelle année.

Verdi naît le 10 octobre à Roncole, dans la province de Parme, Wagner le 22 mai à Leipzig. Les débuts furent des deux côtés assez laborieux, et l'un comme l'autre durent attendre 1842 pour connaître le succès, Wagner avec Rienzi, Verdi avec Nabucco. Puis, comme disent les jeunes, chacun mène sa vie sans calculer l'autre. Les deux plus grands génies du théâtre lyrique ne se rencontreront en effet jamais.

On a longtemps disserté sur le degré de connaissance que chacun avait des oeuvres de l'autre, les influences réciproques qui purent s'exercer dans leur écriture. Certains biographes ont même imputé au succès du wagnerisme la crise de composition que connût Verdi à la fin de sa vie.

Les deux semblent en fait avoir suivi des chemins différents menant vers un même but, des voies parallèles qui aboutiront l'une et l'autre à un équilibre renouvelé entre la musique et l'action, qui correspondra finalement aux critères du théâtre total tel que les Florentins avaient défini l'opéra à ses origines.

Pour saluer Richard, Giuseppe et cette année qui commence, écoutons deux airs parmi ceux que je préfère, chantés par Jonas Kaufmann, ce jeune ténor allemand prodigieux qui s'est imposé au cours des dernières années comme l'un des tous meilleurs interprètes de Verdi et de Wagner. 

Le premier est l'air du Duc de Mantoue, extrait de Rigoletto, le second est l'air de Walther, au troisième acte des Maîtres Chanteurs de Nuremberg.




4 commentaires:

JCMEMO a dit…

Viva Verdi sans hésitation...
Wagner, bon , je "crains" un peu : j'ai beaucoup aimé "lohengrin" avec kaufmann (je partage ton admiration) et Anja Harteros. Prévue en mars la retransmission depuis le Met de Parsifal (que l'on dit difficile) toujours avec Kaufmann et René Pape : on verra bien !
A bientôt.

MartinJP a dit…

Année exceptionnelle donc, avec ce double anniversaire historique qui éclipsera tous les autres.

Pierre a dit…

J'aimerais ajouter que l'un et l'autre incarnent l'unité nationale retrouvée et sont fêtés en tant que tels dans leur pays.

Chaque année pour l'ouverture de la saison de la Scala, le jour de la Saint Ambroise, on joue un opéra de Verdi devant le président de la république et les grands personnages de l'Etat italien(sauf cette année, ou fut donné Lohengrin, ce qui provoqua un scandale retentissant).

A Bayreuth, se rendent chaque année le chancelier allemand et plusieurs membres du gouvernement.

Peut-on imaginer une seule seconde Hollande ou pire, Sarko, venant en grand appareil le 14 juillet écouter Atys ou Pelleas a Garnier, Versailles ou à la Salle Favart ?

Voilà ce qui rapproche le plus les deux musiciens et les éloigne autant de tous les autres.

Valentin a dit…

A Pierre : excellent commentaire, mais je n'imagine pas davantage Flamby avec ses blondes