lundi 12 novembre 2012

Bienvenue au Moyen Age


Dans un pays soi-disant démocratique et laïc, un musicien a comparu le mois dernier pour "blasphème" devant un tribunal. Il encourt une peine d'un an et demi de prison.

Né en 1970 à Ankara, Fazil Say est l'un des plus grands pianistes d'aujourd'hui.

A l'âge de 25 ans, il remporte le prix du Young Concert Artists International Auditions de New York, ce qui lui ouvre immédiatement les scènes internationales. La même année, il est lauréat de la Fondation Beracasa qui lui offre l'occasion de donner son premier concert en France, avec le Festival de Radio France et de Montpellier. Il se produit régulièrement avec les plus grandes formations, New York Philarmonic, Orchestre philharmonique d'Israël, Orchestre de la BBC, Orchestre National de France, Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg. 

Egalement compositeur, Fazil Say a déjà de nombreuses oeuvres à son actif, notamment un concerto pour piano, violon et orchestre et deux concertos pour pianoCertaines de ses compositions sonnent comme des clins d'oeil à ses origines turques, comme les Danses turques pour piano solo et les Variations sur le Rondo Alla Turca de Mozart, qu'il joue souvent en bis, pour le plus grand bonheur de son public :


La justice turque l'avait inculpé au début de l'été pour insulte aux valeurs de la religion musulmane après qu'il a publié sur Twitter plusieurs messages dans lesquels il se moquait des barbus et des bigots. Dans l'acte d'accusation, il est notamment reproché au pianiste, tenez-vous bien, d'avoir écrit : Je ne sais pas si vous vous en êtes aperçus, mais s'il y a un pou, un médiocre, un magasinier, un voleur, un bouffon, c'est toujours un islamiste. Reviens Voltaire, ils sont devenus fous !

Laïc convaincu et fils d'un intellectuel engagé, Fazil Say a régulièrement suscité la polémique en critiquant vertement le gouvernement du Parti islamiste au pouvoir en Turquie (AKP), dit de la justice et du développement.

En 2007, son Requiem pour Metin Altiok, dédié au poète turc mort avec 36 autres intellectuels laïcs à Sivas, en 1993, dans l'incendie volontaire de leur hôtel par une foule d'islamistes, avait été censuré par le ministère turc de la Culture.

Si je suis condamné à la prison, ma carrière sera terminée a déclaré le musicien quelques jours avant son procès. Il aurait envisagé de s'exiler au Japon. On le comprend. 

Une pétition est ouverte sur le site de l'ONG Human Rights Watch. Elle est relayée sur le site de Radio France :


4 commentaires:

JCMEMO a dit…

Mission accomplie.
Amitiés

Anonyme a dit…

Ecrasons l'infâme disait Voltaire ....

MartinJP a dit…

J'ai bien peur que cet abominable obscurantsime islamique ne soit déjà installé en France (Cf. articles récents du Figaro sur ces professeurs qui n'osent plus abordre certains sujets, ce maire qui a peur de faire venir le Père Noël dans une école, etc.).

jefopera@gmail.com a dit…

J'ai bien peur que vous ayez raison et le pire reste sans doute à venir