vendredi 26 octobre 2012

Stravinsky et la danse

Kader Belarbi, le nouveau directeur du Ballet du Capitole, a décidé d’ouvrir sa première saison toulousaine sur un double hommage, aux Ballets Russes et à Stravinsky. L’affiche réunit trois œuvres du compositeur, chacune confiée à un chorégraphe différent : Pulcinella (Nils Christe), la Symphonie de psaumes (Jiri Kylian) et Les Noces (Stijn Celis).

Tugan Sokhiev, très à l'aise dans un répertoire qu'il semble adorer servir, tire de fort belles sonorités de ses instrumentistes et le plaisir est totalement partagé.

En écoutant Pulcinella, j'ai eu l'impression que Stravinsky a voulu faire du Tchaïkovsky qui ferait du Mozart (un peu comme dans la suite Mozartiana). Le compositeur du Sacre utilise en fait des motifs de Pergolese auxquels il ajoute quelques accents et traits d'orchestration typiques de Tchaïkovsky en pimentant le tout de rythmes bruts. Ce qui aurait pu facilement être tarte ne l'est en fait pas du tout. C'est au contraire un pastiche d'excellente facture, écrit avec beaucoup de finesse, qui montre qu'à l'instar de Picasso, dont il m'est toujours apparu être le pendant musical, Stravinsky maîtrisait à la perfection tous les styles.

Le deuxième ballet, beaucoup plus grave, est servi par une belle et émouvante chorégraphie qui me fait penser à du Béjart. Heureusement car la Symphonie de psaumes est une oeuvre très grave, à ne pas écouter un dimanche soir de novembre en regardant tomber la pluie. 

La mise en place des Noces a nécessité un long et complexe mouvement de fosse afin d'évacuer pratiquement tous les pupitres et d'installer quatre pianos, des percussions, le choeur et les solistes. Partition d'une incroyable modernité (Les Noces ont été écrites entre 1914 et 1917), servie par une chorégraphie très réussie, dont voici un court extrait (après un petit passage du Sacre, également par Stijn Celis) :

5 commentaires:

JCMEMO a dit…

Merci de (me) rappeler qu'il n'y a pas que l'Opéra et la lecture : bien longtemps que je n'ai pas assisté à un spectacle chorégraphique.
Pourtant c'est un peu grace à la danse que je suis entré dans le monde de l'opéra. <en effet j'assistais, alors que j'étais adolescent, aux matinées gratuites du 14 juillet au Palais Garnier (au programme presque toujours la danse).
Mais je n'ai jamais eu l'occasion de voir Noces..Dommage semble-t-il !
Mais il me revient que j'ai du déja évoquer ces fameuses matinées gratuites (je ne sais si cela ce fait toujours...) : Pardonne-moi donc.
Un bon week-end pour toi.
Ps : bien que pas trés en forme, ce soir retransmission de l'Otello de Verdi avec Fleming que j'aime beaucoup mais que j'ai du mal à imaginer dans le rôle de Desdémone.
te a 'ai du , prasque ( Garnra'ai appris à la danse t

MartinJP a dit…

Heureux de lire votre enthousiasme.
Je ne parviens pas à écouter au salon la musique de Stravinsky et pourtant, je suis toujours excité et séduit lorsque je l'entends au ballet. Sans doute le signe que le compositeur (que vous comparez judicieusement à Picasso) a mis en plein dans le mille.

jefopera@gmail.com a dit…

Oui c'est vrai, et c'est un peu la même chose à l'opéra. Je n'écoute jamais "au salon" comme vous dites certaines de mes oeuvres préférées mais attends de les voir en DVD ou à la scène. A l'inverse, il m'arrive souvent d'écouter des oeuvres que je n'irai peut-être pas voir en live.
Bizarre bizarre....

Anonyme a dit…

voire film de beziat sur Noces
Fred

jefopera@gmail.com a dit…

Je vais essayer de le trouver en DVD, bien noté