mercredi 29 août 2012

Les larmes d'Eugénie


Palais de Compiègne, photo Jefopera
Hier, il me fallut prendre le train, car, sans aller bien loin, j'ai quand même changé de région. Trois petits quarts d'heure suffisent néanmoins pour atteindre Compiègne, sous-préfecture du département de l'Oise, assoupie à l'ombre de son palais impérial.

Conçu sous Louis XV sur des plans de Jacques Gabriel, poursuivi sous Louis XVI, remanié par Napoléon, le château de Compiègne attendit le Second Empire pour devenir le séjour privilégié de la Cour, qui venait y passer de trois à six semaines tous les ans, généralement à l'automne. 

Les invités des souverains sont conviés par "série". Chacune dure une semaine et comporte une centaine d’invités qui sont logés au château. 

Ces séjours de Compiègne obéissent à une sorte de rituel immuable, mais l’étiquette y est moins rigide qu’aux Tuileries ou à Saint-Cloud, ce qui n’est pas pour déplaire à Eugénie. Le 15 novembre est l'occasion de souhaiter la fête de l'Impératrice : des amusements, des charades, des jeux témoignent de la joie de vivre de l'époque. La fête impériale bat son plein.

Les invités sont essentiellement des princes, des ambassadeurs, des ministres, des maréchaux, des hauts fonctionnaires et des personnalités appartenant au cercle habituel des souverains. Sont également conviées des personnalités du monde littéraire, artistique et scientifique. L’on verra ainsi aux séries des artistes comme Carpeaux, Delacroix, Isabey ou Winterhalter, des écrivains (Alexandre Dumas fils, Flaubert, Gautier et Vigny) et des musiciens.

C'est notamment le cas de Charles Gounod, dont l'Impératrice Eugénie aime beaucoup la musique.

Dans une lettre à sa femme, le compositeur raconte : l'Impératrice m'a prié de me mettre au piano et s'est tenue à côté de moi. Imagine toi que sa Majesté a littéralement fondu en larmes.

Le lendemain, elle lui demande de chanter. J'ai dit d'abord le chœur des Bacchantes puis deux fois aussi le chœur des Sabéennes. Puis enfin, on m'a demandé le duo de Faust "Laisse moi contempler ton visage" qui a provoqué à son tour les augustes larmes de la souveraine.

2 commentaires:

JCMEMO a dit…

Je ne connais pas Compiégne mais il semble que l'on peut s'y rendre par le train (je n'ai pas de voiture).
La "tournée" des Impératrices continue donc : Quelle chance qu'elles soient musiciennes !
Lu duo de Faust est donc extrait de la trés belle production du Met de l'an passé (vue en retransmission au ciné) : j'espère qu'il y aura un dvd)

MartinJP a dit…

Le musée du second empire mérite vraiment une visite, le parc du château est aussi très plaisant mais cela fait bien longtemps que je n'y suis plus allé .