mardi 28 août 2012

Joséphine musicienne

Profitant de cet été parisien pour découvrir plusieurs parcs et châteaux que je ne connais pas, me voici à la Malmaison, sur les traces de l'Impératrice Joséphine. 

Les renseignements touristiques conseillent tous de s'y rendre par bus, au départ de La Défense. Je choisis plutôt de traverser le charmant village de Rueil Malmaison. Entrant dans l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, je découvre que Joséphine y est inhumée, aux côtés de la reine Hortense.

A la sortie de Rueil, s'ouvre un parc magnifique qui conduit du château de Bois-Préau à celui de la Malmaison. En cette fraîche matinée, la promenade est un ravissement.

Au-delà du décor, mobilier, tableaux, tentures, bronzes et souvenirs de Napoléon, la visite permet d'approcher la vie quotidienne et la personnalité de Joséphine, femme d'esprit et mélomane avertie, amie et protectrice des musiciens.


Chaque semaine, Joséphine donne des concerts dans le joli salon de musique de la Malmaison. Elle y accueille les meilleurs instrumentistes du temps, notamment le harpiste Naderman, le corniste Duvernoy et le flûtiste Tulou.


Des quatre coins de l’Europe, les compositeurs lui envoient leurs œuvres. Felix Blangini, maître de chapelle du roi de Bavière, écrit à son intention des ariettes italiennes et des nocturnes à deux voix tandis que Steibelt lui dédie une grande sonate pour piano-forte. 

Tout comme Napoléon, Joséphine apprécie beaucoup l’italien Paisiello, au point d’inaugurer en 1802 son théâtre de Malmaison par une représentation de sa Serva padrona (1781). De Paër, le grand rival de Paisiello, on monte en 1805 la Camilia. Paër trouvait d’ailleurs piquant d’avoir donné des leçons à l’impératrice d’Autriche, d’être le maître de chapelle de sa fille l’impératrice Marie-Louise et de rester l’ami de Joséphine.

Malmaison devient un terrain privilégié d’expériences musicales et Joséphine y fait jouer en avant-première plusieurs opéras bien avant qu’ils soient donnés à Paris. Elle réunit aussi dans sa bibliothèque une riche collection de partitions, souvent manuscrites, parmi lesquelles on peut citer la Didone abbandonata de Paër, La Molinara de Paisiello et Elisa de Mayr.

Joséphine repère le talent de Spontini, un élève de Cimarosa, décide de se l’attacher et le nomme en 1805 compositeur de sa chambre. Il travaille aussitôt à La Vestale, son chef-d’œuvre, donné à l’Opéra en 1807, dont la partition est mise en musique et dédiée à Sa Majesté l’Impératrice et Reine. L’œuvre reçoit un accueil triomphal ; elle restera longtemps à l'affiche, fera l'admiration de nombreux musiciens, notamment Weber et Wagner, puis tombera dans l'oubli jusqu'à ce que Maria Callas lui redonne vie :


4 commentaires:

JCMEMO a dit…

C'est évidemment un plaisir de lire ton article en écoutant Callas !
La Malmaison, il me faudrait y revenir : il y a des lustres que j'ai du la visiter.
Amitiés et bon week-end

jefopera@gmail.com a dit…

Des festivités sont prévues en septembre pour un jubilé napoléonien, ce sera l'occasion d'y aller.

MartinJP a dit…

Toujours un immense plaisir que d'écouter l'impératrice des cantatrices dans une oeuvre très peu voire jamais donnée dans les maisons d'opéra.

jefopera@gmail.com a dit…

Le Grand opéra à la française semble connaitre un sursaut d'intérêt en ce moment : La Muette de Portici à Favart, Rienzi au Capitole et quelques autres à droite à gauche...

Espérons bientôt une Vestale.....