mercredi 4 juillet 2012

Ulysse à Saint-Denis

Youpi ! Après Le Couronnement de Poppée, le Théâtre Gérard Philippe, répondant aux suppliques de nombreux dyonisiens, nous propose pour sa prochaine saison un nouvel opéra de Monteverdi, Le Retour d'Ulysse dans sa patrie.

Son patron et metteur en scène, Christophe Rauck, dit des choses belles et justes sur cette nouvelle production mais également sur le travail de mise en scène dans l'opéra :

Suite au succès du Couronnement de Poppée l’équipe artistique se reforme aujourd’hui pour une nouvelle aventure baroque. Aborder Le Retour d’Ulysse dans sa patrie, c’est explorer en musique une multitude de thèmes intemporels : le destin, l’errance, la fidélité, la solitude, la tentation, la liberté. 

Vingt ans ont passé depuis qu’Ulysse a quitté Ithaque pour participer à la guerre de Troie; la pièce débute le matin où il débarque incognito sur son île... Rarement un livret a pu offrir à la musique tant de possibilités expressives, et ce jusqu’aux retrouvailles ambiguës des deux héros à la toute fin de l’oeuvre. L’équilibre parfait entre texte et musique donne l’occasion de bâtir une pièce de théâtre chantée, vivante, loin de la représentation habituelle de l’opéra.
  
La musique a toujours joué un rôle important dans mon travail de metteur en scène. Avec Brecht (Têtes rondes et Têtes pointues), Cami (Le Rêve des asticots), à travers les chansons de Claude Nougaro dans L’Araignée de l’Éternel, et même dans Le Revizor de Gogol où j’ai demandé à Arthur Besson de composer des chansons originales, la musique imprègne mes spectacles...

C’est pour moi un outil précieux pour raconter les histoires. Quand un personnage chante, ses émotions sont décuplées. Elles sont transmises au spectateur, directement, de cœur à cœur. Le chant nous fait sortir du réalisme, souligne les émotions, les rend poétiques.

Lorsque j’ai commencé à travailler sur Le Couronnement de Poppée, j’ai retrouvé cette dimension quasi-sacrée, verticale. L’opéra a cette magie puissante en lui.

Pour un metteur en scène, il s’agit alors de se mettre un peu en retrait, de ne pas être bavard. Le génie est dans la musique. Le théâtre donne des outils pour faire comprendre au mieux les enjeux de l’intrigue et les relations entre les personnages.

Il y a eu à Saint-Denis une rencontre très riche entre les spectateurs et l’opéra de Monteverdi. Une reconnaissance. De façon surprenante, une évidence. L’opéra est bien tout d’abord un art populaire, vivant, bouleversant, et donc accessible. C’est ce constat réjouissant qui m’incite à proposer au public du TGP un nouvel opéra en 2013.

Le travail réalisé par Jérôme Correas sur le parlé-chanté, et l’importance qu’il accorde à la dimension théâtrale de l’opéra a permis une collaboration fructueuse que nous avons envie d’approfondir avec Le Retour d’Ulysse dans sa patrie. Repartir en voyage avec Monteverdi s’imposait. Cette œuvre s’inscrit comme une étoile filante dans l’opéra baroque. Par sa structure et la force de son texte, Le Retour d’Ulysse dans sa patrie préfigure les tragédies raciniennes.

Il ne s’agit pas de montrer mais d’évoquer le mariage entre le théâtre et la musique. Faire chanter le tragique en s’appliquant à ce que la théâtralité soit au service de l’action pour rendre visible ce que la musique dessine à notre oreille.

Voilà pourquoi mettre en scène Le Retour d’Ulysse dans sa patrie est une évidence après Le Couronnement de Poppée.


2 commentaires:

JCMEMO a dit…

Les malheurs d'Ulysse..
Après lecture de ton article, je me suis souvenu que j'avais acheté, il y a quelques semaines, un DVD Virgin "Il ritorno...", à un prix trés réduit (6ou7 euros) :
Je me réjouissais , hier soir, d'écouter cet opéra que je ne connais pas...
Déconvenue : dvd zone 1 qui n'a pu passer sur aucun de mes lecteurs !
Il s'agit d'une version des Arts Florissants/Christie enregistrée en 2002 (dans une production d'Adrian Noble donnée à Aix).
Connais-tu ?
Amicalement
Peut-être ez neusé modeste
années

jefopera@gmail.com a dit…

Non, je ne la connais pas, mais j'imagine qu'avec Christie, ça doit être très bien. Dommage pour le DVD, il existe peut-être sur le web des crackers qui pourraient te permettre de regarder quand même le DVD ?