mardi 3 juillet 2012

L'opéra de Wilhelmine

C'était un peu la fête avant-hier à Bayreuth. Et pour une fois, Richard n'était pas dans le coup : il faudra qu'il attende l'an prochain, pour le 200ème anniversaire de sa naissance, nous y reviendrons, bien sûr.

Non, avant-hier, on célébrait l'inscription du bel opéra baroque de la ville sur la liste du Patrimoine mondial de l'Humanité.

Il a fallu qu'un déplacement me conduise à Nuremberg pour que je me rende enfin pour la première fois à Bayreuth. Bien sûr, cela faisait longtemps que j'y songeais, non pas tant pour le Festival (je crois que c'est très compliqué) que pour découvrir les lieux.

Une très belle journée de juin, une petite heure de train et m'y voici.. Il n'y a pas d'autres visiteurs et la charmante équipe d'accueil, toute à moi, me fait partager sa joie. L'opéra des margraves va donc rejoindre le Grand Théâtre de Bordeaux.

L'UNESCO a justifié sa décision par le fait que l'opéra de Bayreuth est "un des plus importants témoins architecturaux de la société absolutiste du 18ème siècle, conservé dans sa forme et son état originels." L'opéra des margraves a en effet échappé aux bombardements de 1945 qui ont détruit une bonne partie de la ville. La charmante dame qui me fait la visite m'explique que, par miracle, le seul obus tombé sur le toit n'a pas explosé.

Le souhait de l'Allemagne d'obtenir le classement de l'opéra de Bayreuth ne date pas d'hier. Le Parlement bavarois, dans cette perspective, avait d'ailleurs récemment voté un budget de 19 millions d'euros pour sa rénovation totale, qui devrait durer jusqu'en 2016. Mais l'Allemagne se trouvant, avec 36 lieux classés au Patrimoine mondial, parmi les cinq premiers pays, est appelée à limiter ses demandes et n'obtient en règle générale le classement que d'un seul endroit par an, a récemment expliqué à l'AFP Dieter Hoffenhäusser, porte-parole de la commission allemande.

Ce petit bijou baroque fut construit entre 1744 et 1748 par Joseph Saint-Pierre sous le règne de la Margravine Wilhelmine, la soeur de Frédéric II de Prusse, souveraine brillante et éclairée, amie de Voltaire, qui nous a laissé des mémoires pleins d'esprit, de beaux tableaux, quelques pièces de musique et même un opéra, Argenore, dont voici un extrait :


En mai 1748, Wilhelmine écrit à son frère : J’ai été voir ces jours passés la nouvelle maison d’opéra dont j’ai été charmée, elle est presque finie en dedans. Bibiena (le créateur des décors) a rassemblé dans ce théâtre toute la quintessence du goût italien et du goût français et il faut lui rendre la justice que c’est un grand homme dans son métier.

L'opéra des margraves fut en son temps la plus grande des salles d'opéra allemandes : avec sa scène de 27 mètres de profondeur, c'était encore le cas en 1871 lorsque Wagner décida de construire son propre théâtre d'opéra à Bayreuth. Mais là, c'est une autre histoire.

3 commentaires:

JCMEMO a dit…

Tu as de la chance d'avoir pu visiter ce spectaculaire opéra baroque dont j'ignorais l'existence.
Merci et amitiés

MartinJP a dit…

J'ai effectivement lu dans la presse la nouvelle de l'inscription de ce uperbe théâtre sur la liste de l'UNESCO .
Dans le même genre, il y a celui de Caserte à côté de Naples (peut être le connaissez vous ?) , celui de Versailles bien sur ainsi que le charmant petit théâtre du chateau de Bouillon en belgique.

jefopera@gmail.com a dit…

Merci pour ces précisions. Je les connais, effectivement, sauf celui de Caserte où je ne suis jamais allé. Je l'ai découvert il y a une dizaine de jours, en regardant l'émission de Stéphane Bern Secrets d'histoire, sur Marie-Caroline de Bourbon Siciles.
Ca fait partie de mes projets de voyage !