samedi 9 juillet 2011

Les Contes d'Hoffnung

Né en 1925 à Berlin, réfugié à Londres en 1939, Gerard Hoffnung a réalisé durant sa courte existence (il est mort à l'âge de 34 ans) de quoi remplir plusieurs vies : artiste, professeur, réalisateur de dessins animés, caricaturiste, musicien et joueur de tuba, producteur d'émissions radiophoniques et bien d'autres choses.

En 1956, Hoffnung a l'idée d'organiser au Royal Festival Hall de Londres un concert symphonique de pièces burlesques. Des commandes sont passées pour l’occasion à des compositeurs britanniques réputés : Malcolm Arnold, Francis Chagrin, Joseph Horowitz, Gordon Jacob, Franz Reizenstein, Humphrey Searle, Matyas Seiber et Donald Swann. Face à un immense succès, le Festival Hoffnung connaîtra deux éditions supplémentaires en 1958 et en 1961. Depuis, ces pièces ont parcouru les salles de concert du monde entier, déclenchant à chaque fois l'hilarité et l'enthousiasme du public. Au programme :

- la grande, grande ouverture, op. 57, pour 3 aspirateurs, 1 machine à cirer, 4 fusils et orchestre de Malcolm Arnold :

- le concerto brillant et popolare suivi du concerto pour tuyau d'arrosage et orchestre,

- le concerto de piano pour finir tous les concertos de piano : composé avec l'aide de Franz Reizenstein, c'est un mélange assez désopilant de plusieurs scies du répertoire : l'orchestre joue les premières mesures du concerto n°1 pour piano de Tchaïkovski, tandis que le pianiste répond avec détermination en jouant le concerto de Grieg et ainsi de suite, 

- la mazurka n° 47 de Chopin jouée par quatre tubas,

- une savoureuse charge contre le sérialisme ambiant des années 50 avec Punkt Contrapunkt et Le Barbier de Darmstadt de Searle.

Le point culminant de ces concerts est l'opéra, écrit par Reizenstein sur un livret de William Mann Let's fake an opera ou The Tales of Hoffnung (que l'on pourrait traduire par truquons un opéra ou Les Contes d'Hoffnung). L'oeuvre fait appel à une douzaine de chanteurs, dans une juxtaposition joyeuse, incongrue et ridicule d'opéras familiers. L'ouverture de l'opéra, avec Beckmessser courtisant une Azucena très sexy devant une usine de cigarette du vieux Nuremberg, donne une idée du ton.


1 commentaire:

JCMEMO a dit…

Je découvre...Pourquoi pas !
La musique supporte bien la caricature, mais je préfère m'éclipser discrètement sur la pointe des pieds.
Bon dimanche.
JC