samedi 22 janvier 2011

Soirée cosmopolite et romantique au Théâtre des Champs Elysées

Un très grand chef d'orchestre, né à Bombay dans les années 30, était hier soir à Paris pour diriger un orchestre italien, l'un des tous meilleurs, dans un programme de musique russe et allemande. 

Nous retrouvons Didier, aux lointaines origines polonaises, accompagné d'un ami grec qui arrive à peine de San Francisco.

Installés comme des princes grâce à la générosité de Stellio (http://www.paris-billets.com/), nous observons une assistance élégante, cosmopolite et pittoresque, vieux ménages du quartier, touristes japonais, italiennes envisonnées. Une allemande à turban, hors d'âge, semble ne jamais avoir quitté les lieux depuis la première du Sacre du Printemps.

Au programme, deux œuvres très romantiques, presque contemporaines mais fort différentes, que j'aime beaucoup l'une comme l'autre : Shéhérazade de Rimski-Korsakov et la 1ère symphonie en ut mineur de Brahms.

Jean-Laurent me dit que Shéhérazade lui fait penser, par moments, à la musique de Sissi. C'est effectivement là que se situe l'un des écueils de cette partition colorée, suave et opulente, écueils entre lesquels le chef et l'orchestre, comme Sindbad dans les mers d'Arabie, doivent naviguer avec précision : trop de sentimentalisme, la partition se noie dans une mer de guimauve, trop de sécheresse, elle devient une mécanique brillante et stérile.

Mais avec Zubin Mehta à la baguette et un Orchestra del Maggio Musicale Fiorentino qui chante aussi bien, nous étions entre les mains du meilleur équipage. Le maestro a navigué en maître et mené son bateau avec souplesse et générosité, adoptant un tempo large dans Shéhérazade, plus nerveux dans Brahms. Un Brahms solaire, puissant, plein de fougue, à l'italienne, comme on l'aime.

1 commentaire:

MartinJP a dit…

Mehta est un très très grand chef qu'on ne voit pas assez souvent à Paris. Beau programme en effet.