dimanche 17 octobre 2010

Adieu Stupenda


Année après année, disparaissent, souvent discrètement, les grands chanteurs avec lesquels nous sommes nombreux à avoir découvert et appris à aimer l'art lyrique : Birgit Nilsson et Piero Cappuccilli en 2005, Astrid Varnay puis Elizabeth Schwarzkopf en 2006 ; en 2007, Régine Crespin, Luciano Pavarotti et Beverly Sills. La triste série continue en 2008 avec l'immense Giuseppe Di Stefano et, en 2009, Cesare Siepi, Giulietta Simionato et Elisabeth Söderström. Et, il y a quelques jours, Joan Sutherland.

Surnommée la Stupenda ("la stupéfiante"), Joan Sutherland fait ses débuts en 1947 dans son pays natal, l'Australie, en interprétant Didon, dans Didon et Enée de Purcell. Elle se produit pour la première fois en Europe en 1952, à Covent Garden, dans le rôle de la Première Dame de La Flûte enchantée. L'année suivante, sur la même scène, elle interprète son premier grand rôle, celui d'Amalia dans Un Bal masqué de Verdi.

En 1954, elle épouse le pianiste et chef d'orchestre australien Richard Bonynge (Cf. illustration). Il encourage la jeune chanteuse, qui s'était formée au répertoire dramatique wagnérien, à se tourner vers le Bel Canto, du fait de sa souplesse exceptionnelle dans le répertoire colorature. Elle assume avec aisance les deux types de rôles durant trois ans puis se consacre presque exclusivement au répertoire italien. Sous la direction de son mari, la Sutherland enregistre plusieurs opéras de Bellini, Verdi et Donizetti. Dans un style très différent de la Callas, ses interprétations de Lucia, Maria Stuarda ou Lucrezia Borgia font d'emblée figure de références.

En 1959, elle triomphe à Covent Garden dans le rôle-titre de Lucia di Lammermoor sous la direction de Tullio Serafin, dans une mise en scène de Franco Zefirelli. En 1960, la performance de Joan Sutherland à la Fenice de Venise, dans Alcina de Haendel, lui vaut le surnom de Stupenda.

A la fin des années 1970, elle est anoblie par la Reine d'Angleterre. Sa dernière apparition sur scène a eu lieu le 31 décembre 1990 à Covent Garden, à l'issue d'une représentation de La Chauve-souris de Johann Strauss, aux côtés de Luciano Pavarotti et Marilyn Horne.


5 commentaires:

JCMEMO a dit…

Je connais bien mal cette cantatrice pourtant célèbre : une interprétation (sur video) de la Norma que je n'avais pas aimée (mais je ne suis pas spécialiste)...Encore des découvertes à faire ! JC

JeF a dit…

Il faut l'écouter dans Lucrezia Borgia ou Maria Stuarda de Donizetti. Ses moyens vocaus étaient époustouflants, puissance, aigus, notes tenues.... Mais sur le plan dramatique, la Callas n'a jamais été dépassée dans ce répertoire.

JCMEMO a dit…

Merci, j'ai pris bonne note !
(Je consulte trés régulièrement et avec intérêt votre blog, même si je laisse pas forcémént de commentaires...)

JeF a dit…

Merci, cher ami, pour votre message sympathique et encourageant. Je vous retourne d'emblée le compliment et consulte également très régulièrement vos posts cinématographiques toujours très écalirants.

Rinaldi69 a dit…

Reconnaissez quand même que sa voix suraigue était parfois aux limites du strident, de koi casser des verres....