dimanche 27 juin 2010

Lumineuse Walkyrie

Dans cette Walkyrie tant attendue, l'orchestre de l'Opéra de Paris a atteint mercredi soir un sommet. Mon voisin de droite, aussi sous le charme, m'assure qu'on a largement dépassé le niveau de la Philarmonie de Berlin, dans la même Walkyrie, au Festival d'Aix. Je veux bien le croire.
 
Fluide, lumineux, éclairci, allégé mais pas light du tout, l'orchestre sonne comme du Mendelssohn ou du Fauré. Le tempo est juste, la texture sonore de toute beauté, cordes onctueuses, veloutées, bois sensuels mais souvent mélancoliques, cuivres parfaitement maîtrisés. Tout est en place et jamais l'orchestre ne couvre les voix. Ce qui aurait été bien dommage car elles sont elles aussi magnifiques.
 
D'abord les jumeaux, Siegmund et Sieglinde, incarnés par Robert Dean Smith et Ricarda Merbeth. J'avais beaucoup aimé ces deux chanteurs dans La Ville Morte, à l'automne dernier, leurs timbres clairs, puissants, leur diction parfaite. Ils dominent complètement leurs rôles et donnent un premier acte très émouvant, faisant presque, le temps d'une soirée, oublier les immenses artistes qui les ont précédé dans ces rôles si difficiles.
 
Siegmund, ce héros si fragile, si faible en réalité, jouet entre les mains de destinées plus puissantes que la sienne, Siegmund qui ne chante que deux actes le temps d'un Ring mais à qui Wagner a confié une de ses plus belles mélodies et le seul air à l'italienne de la Tétralogie.
 
Le Wotan de Thomas Johannes Mayer est beaucoup plus convaincant que celui de Falck Struckmann, qui m'avait déçu dans l'Or du Rhin. La Brünnhilde de Katarina Dalayman trouve le juste équilibre entre héroïsme et compassion.
 
Pour la première fois, à Bastille, j'ai vu des chanteurs recevoir l'ovation du public à la fin de chaque acte. C'était spontané, beau et évident.

Pour la mise en scène, n'ayant pas grand chose à en dire, je vais laisser la parole à quelqu'un que je lis depuis longtemps, avec toujours beaucoup d'intérêt : Quand la musique en dit et montre tant, Dieu sait que la mise en scène peut être en trop. Ici, mérite négatif mais mérite, elle montre et impose peu. De l’accessoire pourtant, pommes, hôpital de campagne, Erda qui passe, rien qui gêne, mais rien qui aille nulle part. Mais une très bonne et vraie mise en scène du texte. C’est l’essentiel. (André Tubeuf).
   
En clin d’œil à l'expo Régine Crespin :
  

1 commentaire:

JCMEMO a dit…

Bonne soirée ! J'ai souvent quelques "problèmes" avec Wagner mais certainement que cette "Lumineuse Walkyrie", telle que vous l'évoquez, m'aurait donné du bonheur...JCMEMO