samedi 29 mai 2010

Une exposition à Garnier en hommage à Régine Crespin

Le 5 juillet 2007 s’éteignait Régine Crespin. Ses archives ont rejoint la Bibliothèque nationale de France, partagées entre le département de l’Audiovisuel pour ses enregistrements, la Bibliothèque-musée de l’Opéra pour les photographies et autres archives et le Centre National du Costume de Scène pour les robes.

L’Opéra national de Paris et la Bibliothèque-musée de l’Opéra (BnF) organisent une exposition au Palais Garnier. Nombre de documents inédits, de photographies et de costumes, retraçant sa vie privée, sa vie mondaine, son activité de pédagogue ainsi que sa carrière de cantatrice, de ses débuts nîmois à ses triomphes sur les plus grandes scènes internationales, seront exposés. A l’occasion de cette exposition, l’Opéra national de Paris publie en collaboration avec Actes Sud un hommage en images à Régine Crespin.

Enfin ! Pourrait-on dire. Car ni l'Opéra de Paris ni même la France n'ont vraiment rendu, en son temps, les hommages qui étaient dus à celle qui fût l'une des plus grandes divas du XXème siècle.

« La carrière de la petite nîmoise s’ouvre par les éliminatoires locales du Concours des plus belles voix de France, qui la conduit d’abord à Marseille, puis à la finale parisienne de 1947. La victoire lui ouvre alors les portes du Conservatoire, puis de sa première scène à Reims où elle interprète Charlotte dans Werther, en janvier 1949. Au milieu de cette carrière entamée en province, elle remporte le premier prix de chant du Conservatoire. En 1951, elle est engagée par la Réunion des théâtres lyriques nationaux et fait ses débuts à l’Opéra-comique dans le rôle de Tosca le 27 juin. C’est tout un répertoire à la fois allemand (Lohengrin, La Walkyrie, Parsifal, Le Chevalier à la rose, Obéron), italien (Otello, Le Trouvère, Tosca, Cavalleria rusticana), russe (Boris Godounov), français (Faust, La Damnation de Faust, Werther, Hérodiade, Sigurd, la création française des Dialogues des carmélites), ainsi que quelques Mozart, qu’elle présente encore en français sur les scènes lyriques françaises.

Elle fait ses débuts à l’étranger le 28 mai 1956 dans le rôle de Desdémone à Bilbao. Ses engagements sur les plus grandes scènes internationales se multiplient à partir de 1958, où elle est engagée à Bayreuth pour interpréter Kundry, qu’elle chante en allemand. Suivent en 1959 la Walkyrie  à Barcelone puis Vienne, Le Trouvère à Lisbonne, Le Chevalier à la rose (en allemand) à Glyndebourne, Fedra à Milan. Sa carrière internationale prend alors le pas sur ses succès français, et c’est à New York, San Francisco et surtout Buenos Aires qu’elle connaît sa plus grande gloire.

Elle écrit plaisamment que si ses collègues italiennes viennent à Paris chanter leur répertoire national, elle prend plus de risques en allant chez elle chanter le leur. Elle est en effet une des premières à chanter les livrets dans leur langue originale, comme une des premières à donner ses lettres de noblesse au répertoire de mélodies, auquel elle consacre de nombreux récitals et enregistrements dont Les Nuits d’été de Berlioz constituent un sommet. Obstinée et audacieuse, elle n’hésite pas à apprendre de nouveaux rôles jusqu’à la fin de sa carrière : Carmen  en 1975, La Grande duchesse de Gerolstein puis, en même temps que sa voix change et s’assombrit, Mme de Croissy des Dialogues des carmélites, et enfin la Comtesse de La Dame de pique, rôle dans lequel elle fait ses adieux sur la scène du Palais des congrès, en 1989. Retirée de la scène, elle poursuit son activité de professeur de chant, autre rôle qu’elle prend très à cœur depuis de nombreuses années déjà.

Les archives conservées à la Bibliothèque-musée de l’Opéra (manuscrits de ses mémoires, press-books, contrats, partitions, programmes, photographies, distinctions, affiches…) couvrent toute sa carrière depuis ses premiers engagements. Les partitions annotées vont de celles de l’élève Régine à celles du professeur Crespin. Les photographies dressent aussi le portrait d’une femme simple à la ville, qui entendait profiter de la vie, mais aussi d’une diva munie de tous ses atours, trop cultivés d’ailleurs pour être pris totalement au sérieux. Les dossiers de presse illustrent, outre tous les jalons de sa carrière, le malin plaisir qu’elle a à jouer de son image : donnant son nom à une rose, paradant dans une robe haute-couture de Christian Lacroix, riant avec son homonyme de cabaret, projetant de former un duo cinématographique avec Louis de Funès, recevant l’hommage des chefs d’État comme elle reçoit à présent le nôtre". 


Pierre Vidal, sur le site de l'Opéra de Paris.

PALAIS GARNIER
Bibliothèque-musée
Du 19 juin au 15 août 2010
de 10h à 16h30 jusqu'au 13 juillet
de 10h à 17h30 à partir du 15 juillet


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