mardi 25 mai 2010

Réouverture du Teatro Colon de Buenos Aires


L’Argentine a célébré mardi le bicentenaire de son indépendance. Parmi les nombreuses festivités, la réouverture du Teatro Colon, le célèbre opéra de Buenos Aires.

Les avatars de la construction du plus grand opéra d’Amérique du Sud pourraient fournir matière à un livret d’opéra. Les travaux, entamés en 1889, ont été interrompus en 1904 par l’assassinat d’un des deux architectes, Vittorio Meano, trucidé par son majordome qui ne lui pardonnait pas d’avoir noué des relations trop étroites avec sa femme. L’autre architecte, Francesco Tamburini, était mort quelques années plus tôt. Comble de malheur, le mécène Angelo Ferrari, principal bailleur de fonds du projet mourut à son tour la même année.

Finalement, les travaux reprirent sous la direction d’un architecte belge, Julio Dormal et le Teatro Colon ouvrit ses portes au public, le 25 mai 1908.

La grande salle, en forme de fer à cheval, compte 2478 places. Elle a la réputation d’offrir une des meilleures acoustiques du monde. Elle est éclairée par un lustre de sept mètres de diamètre, orné de 700 ampoules et ceintes de six étages de loges (dont 10 sont masquées par des grilles, qui à l’origine, étaient louées par des gens endeuillés, qui ne voulaient pas être vus au théâtre).

Toscanini, Stravinski, Caruso, Pavarotti, la Callas… les plus grands chefs, les plus grands compositeurs contemporains et les meilleurs chanteurs du monde ont défilé et continuent à se produire au Colon.

La peinture des murs, nettoyée de ses couches successives, a retrouvé son gris perle ; le lustre monumental et la fresque de Raul Soldi qui coiffent la salle resplendissent à nouveau. La restauration de cet édifice de 60 000 m2 a mobilisé 1 000 ouvriers et ingénieurs et coûté quelque 100 millions de dollars, soit quatre fois le budget initial.

Pour la soirée d’inauguration, les responsables du Colon avait programmé un acte de La Bohème de Puccini et un extrait du Lac des Cygnes de Tchaikovsky. Seule fausse note : la loge présidentielle est restée vide : Cristina Kirchner a en effet refusé à la dernière minute de partager cette soirée de gala avec son rival de droite, le maire de Buenos Aires, Mauricio Macri. Caprice de diva....


Aucun commentaire: