jeudi 4 mars 2010

L'Or du Rhin ce soir à Bastille

C'est peut-être l'évènement lyrique de l'année.

A partir de ce soir et jusqu'au 28 mars 2010, l'Opéra national de Paris accueille le premier volet de la Tétralogie de Richard Wagner, L'Or du Rhin (1869).

La Walkyrie sera donnée à partir du 31 mai 2010, Siegfried et Le Crépuscule des dieux l'an prochain. Aussi curieux que cela puisse paraisse, le cycle de Wagner n'avait pas été donné depuis plus de 50 ans à l'Opéra de Paris.

Nicolas Joël a fait appel au metteur en scène allemand Günter Krämer, homme d'expérience, qui a travaillé sur une vision plutôt politique de l'oeuvre. Dans une interview récente au journal de l'Opéra de Paris, il déclare en effet :

"L'Or du Rhin est une oeuvre politique, un opéra du travail et du salaire : les nains et les géants travaillent, les dieux gèrent le capital. L'or, que l'on découvre d'abord sous sa forme primitive et parfaite de boule, sera progressivement mis en pièces, de même que la nature est aujourd'hui mise en pièces. Lorsque les géants ne reçoivent pas leur salaire, ils arrêtent de travailler, ce qui s'appelle faire grève ! De l'autre côté, les nains représentent une classe très pauvre, quasiment des esclaves, faisant de l'or l'arme la plus dangereuse. Personne n'a ici de conscience politique : chaque groupe ne travaille, avec tous les expédients possibles, qu'à sa propre conservation et sa propre postérité."

Phillipe Jordan est à la baguette et la distribution est prometteuse : Falk Struckmann (Wotan), Kim Begley (Loge), Peter Sidhom (Alberich), Sophie Koch (Fricka), Ann Petersen (Freia).

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