mercredi 10 février 2010

Le petit théâtre de Doisneau

Doisneau disait : toute ma vie je me suis amusé, je me suis fabriqué mon petit théâtre.

Le petit théâtre de Doisneau est peuplé d'amoureux, on le savait, mais aussi de tatoués, de truands à chapeau mou, de forts des halles, de prostituées au regard vide, de clochards au grand style.

Le décor est celui du Paris sombre et glauque de l'immédiat après-guerre, quartiers crapoteux, impasses lugubres (extraordinaire photo de la rue Watt, sous les voies ferrées qui partent d'Austerlitz). Ca sent fort le gros rouge, la transpiration et le tabac brun. Des affiches sur une pissotière annoncent un meeting avec Georges Bidault. Maurice Thorez fait la une des journaux.

Le décor est aussi celui des banlieues populaires, où les barres commencent à pousser, à côté des bidonvilles, entre les usines et les terrains vagues. Décor rugueux, laid mais aussi décor de joie, où l'on se marie, fait la fête, où les enfants jouent et rient.

La Fondation Henri Cartier-Bresson nous montre une centaine d'épreuves originales, prises entre 1930 et 1966, à Paris et dans les banlieues populaires, Gentilly, Saint-Denis (cf. illustration, rue Denfert-Rochereau), Ivry, La Courneuve. Beaucoup de monde à cette exposition très émouvante, des anciens qui revoient avec nostalgie et émotion les endroits qu'ils ont connu, beaucoup de jeunes qui découvrent un Doisneau assez éloigné de celui des amoureux de l'Hôtel de Ville.

Du mardi au dimanche, de 13.00 à 18.30, nocturne le mercredi jusqu'à 20.30
Fondation Henri Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis, 75014 Paris
Métro Gaieté

www.henricartierbresson.org

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