mardi 8 décembre 2009

Alvarez enflamme la Bastille

Créé à la Scala le 28 mars 1896, Andrea Chenier de Giordano est l'une des œuvres les plus importantes du mouvement vériste italien. Le livret de Luigi Illica relate l'histoire du poète André Chénier (1762-1794), qui participa à la Révolution et fut guillotiné le 25 juillet 1794 pour en avoir condamné les excès. Un thème peu commun dans l'optique vériste, qui privilégie souvent des héros modestes, mais un sujet en fait assez conforme à l'esprit de la bourgeoisie de l'époque, qui tenait le pouvoir économique et les loges des théâtres.

Le rôle-titre, d'une grande exigence vocale et dramatique, réclame un interprète de premier plan. Et les ténors capables d'en venir à bout se comptent aujourd'hui sur les doigts d'une main. En l'offrant à Marcelo Alvarez, Nicolas Joël a fait fort. Acclamé par un public conquis, qui l'a ovationné à la fin de chacun des grands airs, Alvarez a véritablement enflammé Bastille, déployant le meilleur de son art : voix chaude, puissante et colorée, nuance des phrasés, expressivité juste et intelligence du texte, tout était parfaitement en place, sans excès mais avec un brio qui range le ténor argentin au rang des plus grands interprètes actuels du rôle.

De cette belle soirée, on retiendra aussi la performance de la soprano Micaela Carosi, superbe Madeleine de Coigny, qui fît de son air fameux du troisième acte la mamma morta un moment inoubliable durant lequel tout semble s'être arrêté. Du grand art.

La mise en scène de Giancarlo Del Monaco est peut être conventionnelle mais le spectacle a grande allure : les décors de Carlo Centolavigna sont absolument somptueux de même que les costumes, perruques et maquillages.

Andrea Chenier est encore à l'affiche les 9, 12, 15, 18, 21 et 24 décembre à 19 h 30 à Bastille.
  

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Trés beau spectacle, très émouvant avec des chanteurs extraordinaires.....