vendredi 13 novembre 2009

Natalie Dessay dans la folie

Intitulé Mad scenes, le nouvel album de Natalie Dessay rassemble des scènes de la folie qu'elle a déjà enregistrées, auxquelles s'ajoute une nouveauté : la grande scène de Lucia Di Lammermoor chantée en italien.

On trouve donc dans cet album la version française de cette scène ainsi que des extraits de Candide (Leonard Bernstein), du Pardon de Ploërmel (Meyerbeer), d'Hamlet (Ambroise Thomas) et des Puritains de Bellini. Les amoureux de la Diva ne découvriront donc pas beaucoup de nouveauté, mais pour tous ceux qui n'ont pas déjà les versions intégrales, ce très bel album s'impose absolument.

Expression ultime ou extrême de ce que peut montrer et faire ressentir l'art lyrique, ces scènes ne peuvent être mieux décrites que par Natalie Dessay elle-même :

L'opéra étant comme on le sait, un art paroxystique, il fallait bien qu'on y trouvât des scènes de folie à la pelle. Quant aux compositeurs, on dirait qu'ils sont fascinés par ce qu'ils imaginent être l'hystérie féminine.

Mais pour moi, interprète, une scène de folie est toujours un problème. En effet, qu'est-ce que la folie ? Et chaque personnage n'aurait-t-il pas la sienne propre, qui ne ressemble à aucune autre ?

La folie des héroïnes romantiques, comme Lucia, Elvira, Dinorah ou Ophélie est toujours causée par un sentiment profond, de trahison, d'amour déçu. Mais pour toutes, y compris Cunégonde (dans Candide de Bernstein), la folie est le résultat d'une souffrance qui ne peut s'exprimer entièrement que dans un monde parallèle à celui de la raison.

Le monde réel devenu insupportable, il ne leur reste qu'un échappatoire, le refuge dans un monde imaginaire, plus clément, où tout était comme avant par exemple, ou bien mieux encore, comme du temps où l'on était heureux parce qu'aimé et protégé. Pour moi, ces plongées dans la folie sont comme une alternance entre les moments d'intense souffrance et le désir d'un ailleurs où tout serait encore possible.

  

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