dimanche 4 octobre 2009

La Bartoli m'insupporte

Cecilia Bartoli vient de sortir son nouvel album ; le cru 2009, intitulé Sacrificium, est un recueil de musiques italiennes en hommage aux castrats.

Derrière une façade enthousiaste, voire pétulante, la Bartoli gère une redoutable cash machine, parfaitement huilée : sortie d'un album tous les deux ans, lancement mis en scène avec faste et fracas par Decca, promo publicitaire digne d'une rock star avec force plateaux TV, interviews et concerts promotionnels. Roberto Alagna et Natalie Dessay font finalement la même chose, mais eux, ils montent encore sur scène, ce qui n'est plus vraiment le cas de la Bartoli. Il me semble pourtant que c'est là qu'on attend une chanteuse d'opéra.

Pour faire du cash, il faut faire de la nouveauté tant les scies du répertoire ont pu être usées par d'innombrables versions. Et, dans la musique classique, on ne fait guère du neuf qu'avec du vieux. Ses disques se présentent donc comme des programmes thématiques autour d'un compositeur dont les oeuvres lyriques ont été plus ou moins oubliées (Vivaldi, Gluck, Salieri), d'une grande interprète d'autrefois (Maria Malibran -qui elle, était sur la scène) ou encore d'un thème (Opera Proibita passait en revue les musiques chantées par les femmes à l'époque où l'Italie les interdisait d'opéra). Tout cela est très habilement marketé, avec des brochures bien illustrées à défaut d'être vraiment passionnantes.

Le thème des castrats n'est vraiment pas nouveau. Depuis le succès du Farinelli de Corbiau, les sorties discographiques se sont enchainées, jusqu'au bel album de Jaroussky consacré à Carestini. Alors, pour vendre son produit, la diva des bacs à disques déclare à qui veut l'entendre que la voix de femme est aujourd'hui la plus proche de celle des castrats. Il est vrai que les disques des contre-ténors se vendent fort bien. Trop bien peut-être ?

Tout cela me déplait mais ce n'est pas le plus grave. Ce qui m'insupporte le plus chez la Bartoli, c'est son chant au vibrato outrancier, qui se complait dans la pyrotechnie et le surjeu, dont les vocalises sombrent en roucoulades, ponctuées de cris, de "r" roulés jusqu'au ridicule et de lourds soupirs se voulant inspirés. Si tout cela était encore un peu maîtrisé dans ses premiers disques (notamment le très joli Italian songbook), c'est devenu difficilement supportable dans ses albums consacrés à Gluck, Salieri et Bellini. Voila pourquoi je n'ai guère envie de me mettre à l'écoute de son Sacrificum.

9 commentaires:

Bartoliphile a dit…

Jef: tu nous insupportes avec tes sottises. Que tu les penses, soit. Mais que tu les écrives... Tout cela, c'est toi que ça juge, pas Bartoli, la plus grande chanteuse du siècle. Nous n'avons que faire des ratiocinations des aigris envieux dans ton genre. Rassure-toi, le ridicule ne tue pas (sinon, tu serais mort 100 fois déjà).
Vive Bartoli!!!!!!!!!

monteverdiphile a dit…

Mort de Rire!!!!!!!!!!!!!!!
Un mec qui n'aime pas Bartoli, et la descend (Bartoli qui ne monte pas sur scène???? N'importe quoi!!!!!!)
Puis le Bartoliphile qui est son contraire, l'aimant à la folie, en arrivant au sommet en disant qu'elle est la chanteuse du siècle... l'Amour rend aveugle
Il y a encore 90 ans avant que le siècle soit terminé.....

Bref, c'est en fait ce que cherche les directeurs du marketing chez Decca! C'est réussi!

Alessandriniphile a dit…

Et puis, si Bartoli vous insupporte, n'en parlez pas, ne prenez pas de l'énergie à en dire du mal!!!! Faites comme moi, écoutez et parlez que de musique qui vous touche, vous amène quelque chose, vous plaît.....

JEF a dit…

A la trinité des "phile" qui ne sont peut être qu'un :
La Diva du siècle......en voila une idiotie.
Pour ce qui est de celui qui vient de s'écouler, dois-je vous recommander d'écouter Maria Callas, Renata Tebaldi, Montserrat Caballé, Régine Crespin, Birgit Nilson, Astrid Varnay et j'en oublie tellement...
Si vous parlez du siècle qui commence, ce jugement définitif me semble un peu rapide car, heureusement, 90 ans nous restent pour oublier Cecilia Bartoli. Je vous invite néanmoins à aller écouter la Dessay à Bastille, une vrai chanteuse, qui chante, joue, pleure et souffre sur scène.
Le reste n'est que goûts et couleurs comme on dit....

pierre-antoine a dit…

On a lde droit de ne pas aimer cette chanteuse, merci monsieur jefopera pour votre franc parler et votre courage face à l'abrutissement médiatique ambiants

faridu78 a dit…
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Teresa a dit…

Merci jefopera, je pensais etre la seule à détester les cris de Castafiore de la Bartoli, mais, en vous lisant, ouf ! Me voila soulagée !
Dans le même répertoire, je préfère beaucoup les jeunes Sandrine Piau ou Patricia Petibon, sans parler, bien sur de Nathalie Dessay.

Anonyme a dit…

Ce post m'a beaucoup aide dans mon positionnement. Merci pour ces informations

DivaduMarais a dit…

En matière de chichis, elle se pose là en effet.

Rien de plus revigorant que de déboulonner les fausses icônes.

Courrez, courrez tous écouter Sabine Devieilhe, Annick Massis, et Natalie Dessay bien sûr...