dimanche 4 octobre 2009

La Bartoli, ça suffit !

Cecilia Bartoli vient de sortir son nouvel album ; le cru 2009, intitulé Sacrificium, est un recueil de musiques italiennes en hommage aux castrats.
 
Derrière une façade enthousiaste, voire pétulante, la Bartoli gère une redoutable cash machine, parfaitement huilée : sortie d'un album tous les deux ans, lancement mis en scène avec faste par Decca, promo publicitaire digne d'une rock star avec force plateaux TV, interviews et concerts promotionnels.
 
Pour faire du cash, il faut faire de la nouveauté tant les scies du répertoire ont été usées par d'innombrables interprétations. Et, dans la musique classique, on ne fait guère du neuf qu'avec du vieux. Le tout est de savoir accommoder les restes. Ou de rendre attrayants des oripeaux.
 
Ses disques se présentent donc comme des programmes thématiques autour d'un compositeur dont les œuvres lyriques ont été classées au second plan (Vivaldi, Salieri), d'une grande interprète d'autrefois (Maria Malibran) ou encore d'une idée directrice. Opera Proibita passait ainsi en revue les musiques chantées par les femmes à l'époque où l'Italie les interdisait d'opéra. Tout cela est en général habilement habillé, avec des brochures bien illustrées à défaut d'être vraiment intéressantes.
 
Le thème des castrats n'est pas nouveau. Depuis le succès, dans les années 90, de Farinelli, le film de Corbiau, les sorties discographiques se sont enchaînées, jusqu'au bel album de Jaroussky consacré à Carestini. Alors, pour vendre son produit, la diva des bacs à disques se plait à déclarer à qui veut l'entendre que la voix de femme est aujourd'hui la plus proche de celle des castrats. Ce qui sous-entend qu'elle seule est apte à leur rendre hommage et à nous faire découvrir leur art. Une pierre peu élégamment jetée dans le jardin des sopranistes et contre-ténors.
 
Tout cela me déplait et m'agace, mais ce n'est pas le plus grave.
 
Ce qui m'insupporte le plus chez la Bartoli, c'est son chant outrancier et mécanique, ces vocalises lancées en rafales de mitrailleuse, ponctuées de cris, de roucoulades stridentes, de soupirs appuyés et de claquements de bec. Je n'ai pour ma part jamais senti une once de spontanéité, de tendresse ou d'émotion dans ces numéros castafioresques. Mais tout est affaire de goût, me direz-vous, et la diva compte de nombreux inconditionnels qui en redemandent chaque année davantage. C'est évidemment ce qu'ont bien compris les maisons de disques.

4 commentaires:

pierre-antoine a dit…

On a lde droit de ne pas aimer cette chanteuse, merci monsieur jefopera pour votre franc parler et votre courage face à l'abrutissement médiatique ambiants

Teresa a dit…

Merci jefopera, je pensais etre la seule à détester les cris de Castafiore de la Bartoli, mais, en vous lisant, ouf ! Me voila soulagée !
Dans le même répertoire, je préfère beaucoup les jeunes Sandrine Piau ou Patricia Petibon, sans parler, bien sur de Nathalie Dessay.

Anonyme a dit…

Ce post m'a beaucoup aide dans mon positionnement. Merci pour ces informations

DivaduMarais a dit…

En matière de chichis, elle se pose là en effet.

Rien de plus revigorant que de déboulonner les fausses icônes.

Courrez, courrez tous écouter Sabine Devieilhe, Annick Massis, et Natalie Dessay bien sûr...