mercredi 30 septembre 2009

Il est Bohème mon HLM


Bon, d’accord, elle est un peu facile mais je me suis hier couché un peu tard car j’ai regardé une surprenante Bohème, retransmise de Berne, en direct sur Arte.

On avait déjà eu Turandot à la Cité Interdite, Carmen au Palais des Sports, Aïda au pied des Pyramides, Nabucco au stade de France (entre Johnny et David Guetta). Qu’allait-on encore nous inventer dans le louable souci de démocratiser l’opéra ?

Nos placides voisins helvétiques ont fait assez fort, en montant, un an après une Traviata dans la gare de Zurich, La Bohème dans une barre HLM de la banlieue de Berne. Certes, les habitants sont bien sages et la barre proprette : on n’est quand même pas à la Cité des 4000 ou au Val Fourré. Mais l’initiative est aussi osée que techniquement complexe, et, après un premier quart d’heure mi amusé mi perplexe, je dois avouer que je n’ai pas boudé mon plaisir.

Certes, les actes sont entrecoupés d’interviews du style : Je suis dans la buanderie en compagnie de Rodolfo et de Mimi…. Mme Michu va commencer sa lessive de la semaineMme Michu, est-ce la première fois que vous assistez à un spectacle d’opéra ?

Certes, l’orchestre symphonique de Berne joue seul dans le hall d’un centre commercial pendant que les chanteurs déambulent dans les appartements et parties communes, ce qui nécessite la mise en place d’une technique complexe, à base de tables de mixage et d’écouteurs afin de relier tout le monde.

Certes la mise en scène d’Anja Horst, qui vit sa première expérience du genre, souffre un peu des contraintes de l’opération.

Mais pour le producteur, Christian Eggenbeger, la fin justifie les moyens : le but est d’atteindre le plus large public possible et de faire aimer l’opéra à ceux qui n’y sont jamais allés. Malgré des imperfections inhérentes aux conditions de captation, le résultat enthousiasme un maximum de spectateurs car l’émotion passe de façon très forte.

Et c'est vrai que l'émotion passe, grâce à la spontanéité des jeunes chanteurs, notamment de l'albanais Saimir Pirgu qui campe un Rodolfo aussi frais qu'émouvant, le ton juste et suave de l'orchestre, chaud et sensuel, et surtout la force de la partition de Puccini, qui, finalement marche à tous les coups et prend à toutes les sauces.

1 commentaire:

JCMEMO a dit…

J'ai plutôt aimé : et j'ai trouvé la scène finale magnifique....