lundi 2 mars 2009

Un opéra pornographique

Une femme délaissée par son petit-bourgeois impuissant de mari se donne sur scène à un vigoureux ouvrier puis empoisonne son beau-père trop collant avec un plat de champignons à la mort-aux-rats.

Les cuivres se déchaînent et martèlent des rythmes de beuverie, d’orgasme et de crime. C’est immoral, plein de chairs flasques, de visages bouffis par l’alcool, de fureur vaginale inassouvie. Ca vous remue les tripes et les oreilles. Ce n’est pas franchement beau mais terriblement efficace. Du Tarantino avant l’heure. Affreux, sales et méchants au pays des soviets.

Un pédant triste et décati, assis près de moi à Bastille, susurre à sa voisine de gauche que « cette musique ne mène à rien ».

Staline avait paraît-il lui aussi détesté. Mais moi, j’adore !

Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch vient d’être présenté à Bastille, dans une production qui fera date. L’ovation du public est grandiose, ce n’est pas si fréquent et c’est parfaitement mérité.

Eva-Maria Westbroek tient le rôle avec fougue ; sa voix, chaude, puissante et expressive est somptueuse. Le reste de la distribution est absolument irréprochable et l’orchestre magistral. Bravo !

1 commentaire:

Denis von Basel a dit…

Un russe de ma (nos) connaissance(s) aurait sûrement apprécié ... voire