mercredi 4 mars 2009

L'opium de Philippe Jaroussky

Philippe Jaroussky, que l’on ne présente plus, investit un nouveau territoire musical avec ce disque, consacré aux mélodies françaises de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Opium, c’est le nom de l’album, emprunte son titre à une mélodie de Saint-Saëns, sans doute pour évoquer l’esprit voluptueux et volontiers onirique de la Belle Epoque.

Après les fastes de l’opéra baroque italien et les vocalises acrobatiques des castrats, Philippe Jaroussky nous prend la main pour nous conduire dans le salon de la duchesse de Guermantes ; on y joue la sonate de Vinteuil, Reynaldo Hahn est au piano ; Marcel Proust, assis non loin, lui jette des regards appuyés et complices.

La sélection comporte bien sûr plusieurs mélodies de Reynaldo, toutes très belles, mais aussi des raretés, notamment de Cécile Chaminade que je ne connaissais jusqu’alors que par ses œuvres pour le piano. Fauré, Chausson, Debussy sont aussi au rendez-vous.

Subtile, raffinée, toute en nuances, parfois fragile, éthérée voire éthérée, la mélodie française n’est guère aisée à aborder. Jaroussky déclare : J’ai choisi volontairement la prononciation la plus proche possible de la voix parlée actuelle, afin que les mots résonnent de la façon la plus naturelle dans l’imaginaire des auditeurs, en essayant d’écarter tout affect ou surinterprétation.

Par son respect du texte, la clarté de son timbre, la maîtrise totale de la technique, Jaroussky réussit une fois de plus son pari.
 

1 commentaire:

Denis von Basel a dit…

Au-delà du fond très riche, où l'on est admirateur de ta culture musicale, le style est magnifique ; l'Amiral a bien raison : quelle plume !