lundi 9 février 2009

Le Joueur à l'Opéra de Lyon

L'Opéra de Lyon présente la deuxième oeuvre lyrique de Serge Prokofiev (1929), inspirée par le roman de Dostoïevski. Le livret est du compositeur. L’action, qui se déroule en Allemagne, dans une ville d’eau imaginaire qui s’appelle Roulettenburg, met en scène un petit monde d'aristocrates dégénérés, obsédés par le jeu et l'argent facile.

La mise en scène, pleine de vivacité et d'intelligence, réussit à vivifier avec brio et humour une oeuvre, dont l'écriture vocale, marquée par de très longs parlandos, est plutôt aride.

Au troisième acte, entre en scène un personnage fabuleux : la grande tante Baboulenka, qui rappelle beaucoup la Comtesse, de la Dame de Pique. Servi par l'interprétation de premier plan de l'extraordinaire Marianna Tarasova, le personnage de cette vieille dame haute en couleurs, qui sort ses vérités à tout le monde mais finit par glisser à son tour dans la passion du jeu, fait finalement passer au second plan l'histoire d'amour un peu tarabiscotée entre Pauline, la jeune belle-fille du général, et Alexeï, aristocrate désargenté et arrogant -lui aussi servi par une interprétation très réussie de l'excellent Misha Didyk.

La direction de Kazushi Ono maintient avec succès le difficile équilibre entre le respect des voix (toutes irréprochables) et une partition d'orchestre puissante et colorée, pleine de rythmes violents et d'accords martelés aux cuivres.

C'est au total une soirée très réussie, qui fait vraiment regretter de n'être pas plus longtemps à Lyon pour découvrir les autres œuvres présentées dans le cadre du festival "Héros perdus" (voir site web de l'Opéra de Lyon).

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