mercredi 15 mai 2013

Les Pêcheurs de perles à l'Opéra du Rhin

Les Pêcheurs de perles sont à l’affiche à l’Opéra du Rhin. Je suis très heureux d'aller revoir bientôt ce délicieux opéra de Georges Bizet, qui est toujours resté un peu dans l’ombre de Carmen. Je l’ai découvert il y a une bonne vingtaine d’années, au Grand Théâtre de Reims, dans une production assez kitsch dont je me souviens encore très bien, notamment pour y avoir écouté pour la première fois l'air célèbre Je crois entendre encore.

Un air que les cinéphiles connaissent bien parce qu’il a été intégré aux bandes originales de plusieurs films, notamment en 2005, par Woody Allen dans Match Point et Pascal Thomas dans Mon petit doigt m’a dit. Il est ici chanté par Lawrence Brownlee :


Nous sommes à Ceylan, dans un petit village de pêcheurs. Deux garçons musclés à la peau cuivrée, qui répondent aux doux prénoms de Nadir et Zurga, s’aiment d'un amour profond :


Mais un matin, une jeune prêtresse de Candi, la belle Leïla, débarque dans leur village, les ensorcèle et sème entre eux discorde et jalousie. 

L'Orchestre symphonique de Mulhouse est dirigé par Patrick Davin, la mise en scène signée par Vincent Boussard, Nadir interprété par Sébastien Guèze, Zurga par Etienne Dupuis et le rôle de Leïla chanté par Annick Massis.

Je suis impatient de pouvoir enfin écouter et voir sur scène cette merveilleuse chanteuse. On la connait moins que Natalie Dessay ou que Véronique Gens et pourtant, Annick Massis est l’une des plus grandes sopranos françaises. Avec une bonne cinquantaine de rôles à son répertoire (Mozart, Bel Canto et ensemble de la musique française, de Rameau à Poulenc), elle poursuit une carrière internationale de premier plan. Parmi ses dernières apparitions, on peut citer Lucia Di Lammermoor, en 2011, au Staatsoper de Vienne, L’Enfant et les Sortilèges en 2012, à l’Opéra de Monte-Carlo, Le Comte Ory à Marseille et Violetta à l’Opéra de Liège. 

Pour mieux faire connaissance avec elle, aller sur son site (il y a une belle série de photos très glamour) :


Annick Massis a déjà chanté le rôle de Leïla, à la Fenice en 2004. Dynamic (distribue par Codaex) a publié un DVD et un coffret CD de ce spectacle, à propos duquel Charles Dupèchez, dans Le Monde de la Musique, avait salué l'interprétation rayonnante d'Annick Massis, la beauté et la sensibilité de ses phrasés, l'aisance de ses aigus, la chaleur de son timbre... une Leila de rêve, digne de ses glorieuses aînées.


jeudi 9 mai 2013

De l'opérette au mariage pour tous

Je racontais l'autre soir à mon amie Aurore que le soir de Noël, lorsque j'étais enfant, il y avait toujours un vif débat à la maison sur le programme télévisé. Mes parents choisissaient généralement les variétés, mais c'était compter sans mon opulente grand-mère, qui débarquait le matin avec des cabas et des filets chargés de jouets, de macarons et de chocolats et qui, d'autorité, changeait de chaine pour regarder l'opérette. Lorsque la télé n'en jouait pas, une comédie musicale américaine faisait fort bien l'affaire. Dans son combat, elle pouvait compter sur mon indéfectible soutien, et pas uniquement parce que je louchais sur sa précieuse cargaison.

Il faut dire que j'aimais bien, moi aussi, écouter et fredonner des airs d'opérette. Tandis que mes camarades de collège ne juraient que par Supertramp et les Pink Floyds, je me délectais tous les samedis de Musique légère, l'émission de la regrettée Sylvie Février. Et quand j'allais rendre visite à mon ami Christian, à l'heure du goûter, nous écoutions Bourvil chanter La Route Fleurie, en trempant des gaufrettes dans un grand bol de crème Mont-Blanc au praliné.

Aujourd'hui encore, entre Janacek et Francis Lopez, le choix serait vite fait. Le problème est que l'opérette a quasiment disparu des théâtres parisiens, de la radio et de la télé. Bien sûr, il y a plusieurs années, le Châtelet nous a ravi avec un Chanteur de Mexico plein de vie et de couleurs, et la Salle Favart maintient quand même un peu le flambeau. Lorsqu'on a annoncé le projet de renouveau de la Gaité Lyrique, j'ai repris espoir, avant de déchanter rapidement en apprenant qu'on allait massacrer une fois de plus ce vieux théâtre pour en faire un machin d'art conceptuel pour les bobos blasés du quartier.

Mais où voulais-je en venir ? Ah oui, à ma dernière trouvaille chez Gibert, un livre de Benoit Duteurtre tout à la gloire de l'opérette. Un joli plaidoyer, très bien écrit et parfaitement documenté, dont je me suis délecté ces derniers jours.

Benoît Duteurtre est né à Sainte-Adresse, près du Havre. Il commence à écrire vers l'âge de 15 ans. Il étudie la musicologie à Rouen puis à Paris. En 1982, encouragé par Samuel Beckett, il publie sa première nouvelle dans la revue Minuit, compose de la musique et gagne sa vie comme pianiste.

Après la publication de son roman Sommeil perdu (Grasset, 1985), Benoît Duteurtre travaille comme critique musical et journaliste pour de nombreuses publications, Le Monde de la musique, Diapason mais aussi Elle et Playboy. En 1991, il crée avec le compositeur Marcel Landowski une association de concerts destinée à faire connaître les principaux courants de la musique d'aujourd'hui. Il s'intéresse également aux compositeurs méconnus du XIXe et du XXe siècle et devient conseiller artistique de la Biennale de la Musique Française de Lyon. En 1993, il devient directeur de l'excellente collection Solfèges aux éditions du Seuil.

En 1995, Benoît Duteurtre écrit Requiem pour une avant-garde (Robert Laffont), un essai mordant et très bien documenté qui dresse un tableau au vitriol de la musique contemporaine, notamment de la clique boulezienne nationale nourrie aux fonds publics. Le livre, qui déclencha une vive polémique, en France et à l'étranger, reste aujourd'hui une référence pour tous ceux qui veulent comprendre comment on a pu parvenir à creuser un tel fossé entre le public et la plupart des compositeurs actuels.

Dans un récent opus, Ma belle époque (Bartillat), Duteurtre a rassemblé une série d'articles parus dans la presse depuis une quinzaine d'années. On y trouve notamment un délicieux chapitre intitulé potions légères, où il rend compte de son combat pour la réhabilation du cinéma de Louis de Funès, des romans de Marcel Aymé et, bien sûr, de l'opérette.

Le problème avec Duteurtre, c'est que cette gentille nostalgie commence à tourner, au fil des années, en râlerie de vieux grincheux. L'obsession du c'était mieux avant, qui l'a déjà conduit à commettre des panégyriques assez creux des années De Gaulle, le fait aujourd'hui se lancer dans des attaques perfides contre le mariage pour tous. Peut-être regrette-il le temps béni de tante Yvonne, quand les petites virées dans les saunas gays qu'il raconte dans un de ses livres suffisaient à envoyer les gens en prison ou à l'asile psychiatrique ? Allons Benoît, reprenez-vous, le monde change, la société aussi, et pas toujours dans le mauvais sens.

samedi 4 mai 2013

Hercule, fais moi mâle

On ignore comment la commande d'Ercole sul Termodonte parvint à Vivaldi, un soir de l'année 1720, mais on sait qu'elle fût la bienvenue pour le prêtre roux, qui n'en avait pas reçu depuis longtemps et commençait à tirer le diable par la queue.

Alors, quand l'ordre arriva de Rome, Vivaldi tenta le tout pour le tout, en montrant la complète étendue de son art dans un opéra kaléidoscope, "méga compil de ses best of", comme on dirait aujourd'hui. Il réutilisa en effet dans la partition de nombreux airs d'opéras qu'il avait composés antérieurement et qui avaient tous connu le succès.

Son grand talent fît qu'on ne s'aperçut de rien ; en effet, Ercole n'a rien d'un collage sommaire ou artificiel, mais révèle un véritable travail de composition et de réécriture, marqué par une attention scrupuleuse aux tessitures et aux profils psychologiques et dramatiques des personnages.

A propos de personnages, de quoi s'agit-il ? 

L'opéra est une évocation assez libre du neuvième travail d'Hercule, chargé par Eurysthée de s'emparer de la ceinture d'Antiope, féroce reine des Amazones, qui n'aime rien tant que de couper les roupignolles à tous les mâles qui ont le malheur de se trouver sur sa route.

Le livret présente aussi, on s'en doute, une intrigue amoureuse un peu tarabiscotée que j'aurais du mal à résumer. Mais il offre surtout à Vivaldi un cadre dramatique et une palette de personnages lui permettant de brosser une grandiose épopée, avec de nombreux effets scéniques spectaculaires, en premier lieu la bataille livrée par Hercule et ses compagnons aux farouches amazones, sur les rives du Termodonte. D'où le titre, Ercole sul Termodonte.

Au début du XVIIIème siècle, la vie lyrique romaine se caractérisait, on le sait, par la prohibition des femmes sur les scènes publiques d'opéra. Il en résultait des troupes entièrement masculines, dans lesquelles les emplois féminins étaient tenus par des castrats. La décence ecclésiastique, écrivait avec ironie le Président de Brosses, ne laisse paraître sur le théâtre que de jeunes et jolis garçons, à qui de diaboliques chaudronniers ont trouvé le secret de rendre la voix flûtée. Habillés en filles, avec des hanches, de la croupe, de la gorge, le cou rond et potelé, on les prendrait pour des filles. On prétend même que les gens du pays s'y trompent quelquefois jusqu'au bout ; mais c'est une vilaine calomnie à laquelle je n'ajoute aucune foi.

Ce qui nous vaut, sur scène, un méli mélo assez savoureux, les rôles d'amazones étant tenus par des hommes qui n'étaient plus vraiment des hommes et qui n'appréciaient sans doute pas beaucoup plus les femmes que les amazones la compagnie des hommes.

Les efforts de Vivaldi pour montrer le meilleur de son art ne furent pas vains. Présenté le 23 janvier 1723, l'opéra connut un très grand succès et, fait rarissime à l'époque, fût repris une trentaine de fois. Le Pape lui-même ne jurait plus que par Vivaldi, à qui il demanda de venir jouer devant lui.

Comme beaucoup d'oeuvres de cette époque, Ercole tomba ensuite dans un long sommeil, sans doute jusqu'en 2006, année au cours de laquelle le Festival de Spolète le mit à son programme, dans une mise en scène, disons... épurée :

jeudi 2 mai 2013

L'opéra à la maison

Cela fait maintenant un mois que j'ai Mezzo TV. Jean-Laurent m'y a gentiment abonné, rassuré de me savoir tranquillement installé à la maison plutôt qu'arpentant en fin de soirée, en sortant du spectacle, les couloirs de la ligne 13 ou les rues crapoteuses de Saint-Denis. Bon, la semaine dernière, quand il a dû supporter les deux heures de l'Alceste de Gluck en version Kabuki, il s'est quand même demandé s'il n'avait pas fait une bêtise...

Mezzo fait voyager. Un soir à New York, pour me délecter des vocalises de Renée Fleming et de Lawrence Brownlee dans une irrésistible Armide de Rossini, le lendemain à la Salle Favart pour découvrir Anna Caterina Antonacci chanter -divinement- une Carmen que je ne me consolais pas d'avoir manquée. Un après-midi de pluie, me voici sous le soleil de Valence pour une Turandot en cinémascope mise en scène par Chen Kaige, avant de partir pour Baden Baden découvrir un sublime Parsifal qui rassure définitivement sur la santé du chant wagnérien. Bref, je ne sais plus où donner de la tête.

Et le meilleur reste sans doute à venir. Voulant découvrir le Ring mis en scène par Robert Lepage pour le MeT, j'avais été découragé par le prix exorbitant du coffret. Mais bingo, Mezzo va le diffuser ce mois-ci. D'ailleurs, pour cette année Wagner, la chaîne a inscrit à son programme les 10 opéras. Bon, j'espère qu'ils ne seront pas tous du même acabit que ce ridicule Lohengrin munichois, qu'il faut écouter les yeux fermés pour ne pas voir Jonas Kaufmann en bleu de travail manier la truelle sur le chantier d'une maison Phénix pour les beaux yeux d'un clone de Valérie Damidot.

Il y a aussi du jazz pour ceux qui aiment, des concerts symphoniques captés un peu partout dans le monde et même des retransmissions du Festival de Saint-Denis, avec un confort visuel et acoustique sans commune mesure avec celui de la basilique.

Il y a juste le problème du son, que je n'ai pas encore réussi à vraiment résoudre ; je le trouve un peu écrasé et ne parviens pas à savoir si cela vient de la retransmission ou de mon installation. Mais ce n'est pas très grave.


mercredi 1 mai 2013

Hanami



Le premier mai, je vous propose d'aller fêter Hanami avec nos amis japonais. C'est quand plus glamour que d'aller voir défiler des syndicalistes gueulards et mal fagotés et de se faire soutirer 5 euros pour un brin de muguet maigrichon, à peine ouvert et déjà fâné.

Et en plus, on peut s'imaginer un instant en Madame Butterfly espérant le retour de son beau marin américain :


Hanami (littéralement, « regarder les fleurs ») est une coutume traditionnelle japonaise. Lors de la floraison des cerisiers, les Japonais se rendent dans les parcs admirer la beauté des fleurs. La pratique du hanami est vieille de plusieurs siècles : on considérait alors la floraison des cerisiers comme annonciatrice de la saison de plantation du riz et des offrandes étaient déposées aux pieds des arbres. De nos jours, Hanami, toujours très fêté au Japon, se résume souvent à un pique-nique organisé en famille ou entre amis sous les cerisiers en fleurs. 

Les Japonais qui vivent en Ile-de-France vont au Parc de Sceaux, qui compte plus de 250 cerisiers, regroupés dans deux bosquets, l'un de fleurs blanches, l'autre de fleurs roses. C'est superbe, et il y a une ambiance très sympathique, les familles se regroupent sous les arbres, déjeunent, organisent des jeux, chantent et bien sûr, se prennent abondamment en photo.





Le mariage du siècle

Ce n'est pas le mariage pour tous mais le titre d'une exposition très intéressante, présentée à La Cité de la Musique jusqu'au 18 août.

Partant de thèmes fédérateurs (le rire, l'épopée, l’amour, le suspense...), de duos célèbres de cinéastes et compositeurs (Prokofiev / Eisenstein, Hitchcock / Hermann, Leone / Morricone...), le parcours expose et illustre le rôle que peut jouer la musique à toutes les étapes de la fabrication d’un film.

Tout au long de l'exposition, plus de cent extraits de films projetés dans de petites salles. Photos, pochettes de disques, instruments, documents de tournage sont également réunis pour dévoiler la façon dont la musique renforce le pouvoir d'évocation du 7ème art.

L'expo permet de visionner l'un des premiers films narratifs de l'histoire du cinéma, L'Assassinat du Duc de Guise, un film français tourné en 1908 avec un vrai scénario, de vrais acteurs et une vraie bande originale, composée par Camille Saint-Saëns.
  
Un affichage consacré au film de Claude Sautet, Un coeur en hiver, raconte comment Emmanuelle Béart a fait bricoler son violon pour ne pas être gênée dans son jeu d'actrice par les grincements de l'instrument. Comme le trio de Ravel est une de mes oeuvres préférées, j'ai regardé en rentrant le DVD et me suis endormi d'ennui devant ce navet prétentieux et bavassou.
  
Un des moments les plus émouvants de l'expo est sans doute l'interview de Martin Scorsese qui explique comment il a choisi, pour Raging Bull, l'intermezzo de Cavalleria Rusticana, pour évoquer les familles d'immigrés italiens qui débarquèrent à New York, la tête encore pleine de Bel canto :


Pour aller plus loin sur le thème des rapports entre le cinéma et l'opéra, il faut consulter sur le site Allocine, un excellent dossier réalisé par Edouard Brane :



samedi 27 avril 2013

Le chant du coquillage

L'histoire de l'opéra regorge de personnages fantastiques, dieux et déesses, diables, sorcières, fées, magiciens, nymphes, satyres, nains, lutins, elfes, spectres et fantômes... Tout le monde les a mis sur scène, des baroques jusqu'à Puccini, qui ne résista pas à faire apparaître des fantômes au cours de la scène de mariage de Madame Butterfly.

Les librettistes et compositeurs sont parfois allés jusqu'à confier des rôles à des animaux, voire à des objets. On pense tout de suite à Wagner qui mît en scène et fît chanter, dans Siegfried, un dragon et un oiseau. Mais, il ne fût pas le premier : un bon siècle plus tôt, Rameau avait mis en scène une hilarante nymphe batracienne, Platée. Et on pourrait citer d'autres exemples.

La palme revient pourtant à Richard Strauss qui, dans Hélène l'Egyptienne, alla jusqu'à faire chanter un coquillage. Un coquillage savant en plus. Il fallait quand même oser.

Hélène l'Egyptienne, créée à Dresde en 1928, fait un peu figure de mal-aimé parmi les opéras de Richard Strauss. Certains en tiennent pour responsable le travail jugé trop littéraire de Hofmannstahl. D'autres pointent les faiblesses d'une partition qui sentirait le matériau de réemploi. Ce n'est certes pas Le Chevalier à la Rose.

L'opéra n'est pas si oublié que cela et plusieurs enregistrements sont disponibles, dont une version live avec Leonie Rysanek dans le rôle titre, en 1956. Plus récemment, Hélène a été produite en 2001, à Cagliari, avec l'excellente Yelda Kodalli.


Troie a perdu la guerre. Ménélas a récupéré son épouse infidèle et décide de l'immoler pour lui faire expier ses fautes. Une tempête fait échouer leur bateau sur les rivages d'une île près de l'Egypte, où règne une magicienne, la belle AÏthra et son fidèle ami et informateur, le "coquillage omniscient". Avec humour, le librettiste et ami de Strauss, Hugo von Hofmannstahl, qualifiait son coquillage omniscient de créature à mi-chemin entre le journal et le poste de radio. Soit à la magicienne ce que la boule de cristal et le marc de café sont à Madame Irma. Tout un programme pour l'interprète du rôle (habituellement une contralto).

Sur l'Ile de la tentation, on commence par prendre des quaaluds (euh... des philtres d'oubli), on se laisse séduire par des bédouins musclés qui sentent bon le sable chaud, on appelle Poseïdon au secours quand ça devient n'importe quoi, on reprend des quaaluds et tout finit par s'arranger, sur l'oreiller bien sûr, où Hélène l'infidèle retrouve les bras de son époux.

De sérieux exégètes ne manquent pas, on pouvait s'y attendre, de souligner la dimension onirique, symbolique, voire psychanalytique de cet opéra kitschissime, qui devait pourtant, selon les projets initiaux de Strauss, n'être qu'une charmante opérette. Un metteur en scène talentueux pourrait en faire un régal.