mercredi 15 novembre 2017

Bruch et Beethoven à Saint-Louis des Invalides

Laurent Korcia
Très beau moment musical, hier soir, à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides.
  
J’ai retrouvé avec un grand plaisir l'Orchestre de Picardie, 20 ans après un long séjour à Amiens au cours duquel je me rendais, chaque semaine, dans une antique chapelle, pour écouter Louis Langrée expliquer et jouer les œuvres du répertoire symphonique.
  
Sous la baguette vigoureuse d’Arie van Beek, chef néerlandais qui, avant de prendre ses fonctions à Amiens, dirigeait l'Orchestre d'Auvergne, la formation picarde a donné une lecture fougueuse à souhait de la 7ème symphonie de Beethoven, précédée d’une belle interprétation, par Laurent Korcia, de l’un des piliers du répertoire pour violon, le premier concerto de Max Bruch.
  
Un jeu d’une grande élégance, à la fois pudique et enflammé, mais sans effusion inutile, dans un juste ton rendant parfaitement hommage à cette page romantique, dont la célébrité a totalement éclipsé les autres œuvres du compositeur allemand, notamment les deuxième et troisième concertos pour violon et la Fantaisie écossaise.
  
Ce concert, diffusé en direct hier soir sur Radio Classique, s'inscrivait dans le cycle Lauréats des Victoires de la musique classique, lequel offre aux artistes consacrés par une révélation instrumentale ou lyrique la possibilité de se produire en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, en récital ou en formation de musique de chambre.
  
Rendez-vous le 30 novembre, pour un programme beaucoup plus contemporain autour de la vie des soldats. Avec bien sûr, l'Histoire du soldat de Stravinsky.
  

vendredi 10 novembre 2017

La Défense de Titus

La Clémence de Titus est à l'affiche à l'Opéra de Paris. Excellente occasion pour tordre le cou à la série de poncifs qui entourent cette oeuvre, que j'ai toujours trouvée superbe mais qui reste décriée, au motif ressassé qu’elle aurait été bâclée en trois semaines par un Mozart malade et épuisé, qui n'aurait accepté de la composer que parce qu'il était à court d’argent.
  
Déjà, ce mépris à peine voilé attaché à une œuvre de commande, qui sous-entend que la musique serait par nature belle et noble quand elle est gratuite et de mauvaise qualité quand elle répond à une commande rémunérée.
  
Je ne m’attarderai pas sur cet argument qui relève d’une méconnaissance affligeante de l’histoire de la musique, en rappelant juste que la quasi-totalité de l’œuvre de Mozart répond à des commandes et qu’à l’exception de Wagner, les compositeurs d’opéras ont pratiquement tous également travaillé sur commande. Aïda est l’un des plus beaux opéras de Verdi, peut-être le plus populaire, et c’est aussi celui qui lui rapporta le plus d’argent.
  
S’il n’y a aucun lien entre la valeur d’une œuvre musicale et le fait que sa composition réponde à une commande, il n’y a en a pas davantage entre sa qualité et la rapidité de son écriture. On sait que Bach, Mozart et Rossini, pour ne citer qu’eux, composaient si vite que les copistes ne parvenaient pas toujours à les suivre. A l’inverse, combien d’obscurs tacherons ont sué des années sur de mauvaises partitions, qui finirent leurs jours oubliées au fond d’un grenier.
  
Au magasin des lieux communs, on trouve aussi l’idée que La Clémence serait mal construite, sur le schéma « figé et périmé » de l’opera seria.
  
Là encore l’argument ne tient pas la route. On ne peut nier que l’opera seria obéit à des conventions formelles strictes, mais il en est finalement de même de la plupart des genres musicaux : le singspiel, l’opéra bouffe mais également l’oratorio ou la musique sacrée respectent eux aussi des règles rigoureuses. Et, surtout, mais faut-il encore le rappeler, de l’opera seria au quatuor à cordes, le génie de Mozart transcende toutes les formes.
  
Il aurait été me semble-t-il plus intéressant de critiquer La Clémence de Titus en la comparant à des œuvres contemporaines de même style.
  
La concurrence de Mozart répondait alors aux noms de Jommelli et Salieri, musiciens qui avaient sans doute du métier, mais du génie, certainement pas. Ce qui n’était pas le cas de Haydn et de Glück (lequel a lui-même écrit une Clémence de Titus sur le même livret que celle de Mozart) auxquels, toutefois, je ne pense pas faire injure en affirmant qu’aucun de leurs opéras ne possède la force expressive et la beauté musicale de La Clémence de Mozart.
  
Si l’on se tourne cette fois vers les autres opéras seria de Mozart, Mitridate et Lucio Silla, œuvres charmantes et là encore sans doute bien supérieures à ce que produisait la concurrence, on découvre une succession d’arias pour la plupart très jolis, mais dont aucun ne possède la liberté de forme et la force expressive de ceux de La Clémence. Surtout, dans aucun de ces deux opéras, Mozart adolescent, n'a encore déployé le génie dramatique unique avec lequel il saura, dans ses opéras ultérieurs, bâtir les ensembles vocaux. Il faudra pour cela attendre Idomeneo, finalement le seul opéra avec lequel une comparaison pertinente pourrait être faite.
  
Revenons à notre littérature, qui reproche encore à La Clémence la « pauvreté de l’accompagnement orchestral de ses arias ». Derrière cela, la même idée du travail bâclé.
  
L’argument ne me semble guère plus solide que les précédents. Mozart, dans ses dernières années, évolue vers un style à la fois plus dépouillé et d’une grande profondeur expressive. C’est particulièrement net dans La Flûte Enchantée, le dernier concerto pour piano, le quintette avec clarinette et le concerto pour clarinette. Des œuvres sublimes, sobres peut-être, mais pauvres certainement pas.
  
Un style ultime et un instrument associés à la rencontre que fît Mozart, à la fin de sa vie, avec Anton Stadler, un musicien de l’orchestre de Vienne, franc-maçon et bon vivant comme lui. Mozart admirait beaucoup Stadler et écrivit pour lui les superbes solos pour clarinette de plusieurs airs de La Clémence de Titus laquelle, au final, me semble trouver tout naturellement sa place entre les derniers concertos, le quintette avec clarinette et La Flûte Enchantée.
  
Depuis quelques décennies, en partie à la faveur du renouveau de l’opéra baroque, La Clémence est montée partout et régulièrement enregistrée, sinon autant que les autres chefs-d’œuvre, du moins largement plus que les opéras de jeunesse. Les chanteurs, les chefs et les metteurs en scène ne cessent de s’y intéresser. Elle est d'ailleurs l'un des opéras de Mozart où le travail du metteur en scène revêt une importance particulière, notamment pour atténuer les rigidités inhérentes aux conventions de l'opéra seria. Ah, enfin une critique me direz-vous ! Quelques raideurs dans les développements dramatiques, je le concède, mais c'est la seule réserve que j'accepte d'entendre. Et elle n'est pas bien lourde.
  

dimanche 29 octobre 2017

Don Carlos, encore et encore

Tout a sans doute été dit sur la production exceptionnelle de l'Opéra de Paris, qui triomphe en ce moment à Bastille. 

Il fût impossible de trouver des billets mais la diffusion du spectacle en direct sur Arte, jeudi dernier, a permis à tous les amoureux d'opéra de profiter de l'événement.
   
Evénement, en effet, que ce Don Carlos proposé dans sa version initiale, en français et en cinq actes, ainsi que Verdi l'a écrit pour l'Opéra de Paris. Bon, il manquait le ballet, mais on ne va pas faire la fine bouche.
  
Evénement, bien sûr, que la réunion sur scène d'un plateau vocal exceptionnel, le plus beau dont on pouvait rêver : Ildar Abdrazakov (Philippe II), Jonas Kaufmann (Don Carlos), Ludovic Tézier (Posa), Sonya Yoncheva (Élisabeth de Valois) et Elina Garanca (Eboli).
  
Ils étaient tous en très grande forme, jeudi, y compris Jonas, pour qui on tremble toujours un peu. J'ai même été agréablement surpris par la qualité du français d'Abdrazakov et de Garanca.
  
Saluons aussi la direction fluide et lumineuse de Philippe Jordan, toujours soucieux de mettre en valeur les chanteurs.
  
On se prend à rêver d'un enregistrement de cette production, dont la qualité musicale surpasse à mon sens toute la discographie.
  
Étonnamment sage, la mise en scène de Warlikowski, fonctionne plutôt bien, même si prêter à Eboli des pulsions saphiques tout en faisant l'impasse, dans le jeu scénique, sur les liens puissants qui unissent Posa à Carlos, est un parti pris dont on ne saisit pas la logique. Mais tout cela n'est rien quand la qualité musicale atteint un tel sommet.
  


vendredi 20 octobre 2017

Les valses de Vassilis


Vassilis Varvaresos
Deuxième concert aux Invalides, donné dans le cycle Lauréats des Victoires de la musique classique, avec le pianiste grec Vassilis Varvaresos.
 
Né à Thessalonique, ancien élève de la Julliard School, il fit grande impression, en 1998, en remportant, à l’âge de 14 ans, un 1er prix aux Young Concert Artists Auditions. Succès qui marqua le début d’une brillante carrière, ponctuée de prix internationaux, de tournées dans le monde entier, d’un premier récital à Carnegie Hall en 2012 et d’un concert à la Maison Blanche devant le président Obama.

En 2012, Vassilis Varvaresos enregistra son premier disque, un programme Chopin, Liszt et Debussy. Quatre ans plus tard, il accompagna le baryton Dimitris Tiliakos pour le Voyage d’hiver de Schubert.

Un troisième disque devrait prochainement sortir chez Aparté, reprenant peu ou prou le programme du concert du soir, sur le thème de la valse. Sans doute l’un des meilleurs labels français avec La Dolce Volta, Aparté édite l’Orchestre d’Auvergne -dont nous avons parlé la semaine dernière, Julien Chauvin et son Concert de la Loge, Alexis Kossenko et ses Ambassadeurs, la violoncelliste Ophélie Gaillard, Christophe Rousset et le clarinettiste Pierre Génisson.
 
Le jeune pianiste grec a donc présenté hier soir un programme autour de la valse. Assez curieusement, le récital s'est ouvert sur le Carnaval de Vienne de Schumann, une partition brillante, virtuose et rythmée, mais pas à proprement parler valsante. L’acoustique réverbérée de la cathédrale Saint-Louis ne mettant pas très bien en valeur le style de Schumann, notamment sur le plan harmonique, je me suis demandé pourquoi le musicien n’avait pas plutôt choisi de jouer quelques valses de Chopin (répertoire où il excelle), de Grieg et pourquoi pas de Chostakovitch, qui auraient me semble-t-il mieux collé au thème de la soirée et convenu davantage à l’acoustique des lieux.
 
Suivait la septième Soirée de Vienne, sorte de fantaisie écrite par Liszt à partir de plusieurs courtes danses composées par Franz Schubert, puis, toujours de Liszt, l’ébouriffante et sarcastique Mephisto-valse n°1, suivie d’une valse sentimentale de Tchaïkovsky pleine de tendresse, pause bienvenue avant l'opus 38 de Scriabine et La Valse de Ravel, venue clore en apothéose le récital.
  
Au final, une alternance bien ordonnée de styles et de climats, qui permettait d’admirer les différentes facettes du talent de Varvaresos, brillant et fougueux dans Liszt et Ravel, tendre et lyrique dans Tchaïkovsky et Chopin, dont il a donné, en bis, le quatrième impromptu.
 
Écoutons-le ici dans le finale de la troisième sonate :
 

vendredi 13 octobre 2017

Cordes et piano à Saint-Louis des Invalides

Abdel Rahman El Bacha
Cela faisait un moment que je souhaitais entendre l'Orchestre d'Auvergne en concert.
 
Voilà chose faite, hier soir, à l'occasion d'un très beau concert donné dans le cadre de la Saison musicale du Musée de l’Armée.

Fondé en 1981, l’Orchestre d’Auvergne a la particularité d’être l’un des rares orchestres à cordes français. Depuis 2012, il est dirigé par Roberto Forés Veses, un jeune chef espagnol plein de talent qui a su lui insuffler une belle dynamique artistique.
 
Quatre disques très réussis sont issus de leur collaboration : les quatuors op. 94 et 131 de Beethoven dans une version pour orchestre à cordes, les sérénades de Tchaïkovsky et Sibelius, des concertos pour trompette du 20ème siècle (Jolivet, Delerue, Beffa….) avec Romain Leleu et des concertos pour harpe, également du siècle dernier (Rodrigo, Debussy, Castelnovo Tedesco), avec Naoko Yoshino.
 
Le concert d’hier soir s’ouvrait sur le premier concerto de Chopin, celui en mi mineur, œuvre bien connue qui fût donnée pour la première fois le 11 octobre 1830 à Varsovie, au Théâtre national, lors de son concert d'adieu, Chopin étant alors loin d’imaginer qu’il ne reverrait plus jamais son pays natal. L'œuvre est dédiée à Friedrich Kalkbrenner, ami de Chopin et auteur lui-même de plusieurs concertos pour piano très réussis que l’on aimerait entendre au concert.
 
La partie d’orchestre avait bien sûr été adaptée à l’effectif de la formation auvergnate. Je me demande d’ailleurs si elle n’a pas été en fait réadaptée de la réduction pour quintette à cordes que j'ai récemment écoutée pour la première fois, à l'occasion de la parution de l'enregistrement d'Hélène Cartier-Bresson (http://jefopera.blogspot.fr/2014/03/concertos-en-quintettes.html).
 
Une adaptation qui, dès la longue introduction orchestrale du premier mouvement, m’a néanmoins laissé un peu perplexe, et que j'ai trouvée compacte, voire un peu confuse, me demandant si cette impression provenait du jeu de l’Orchestre ou de la réverbération, inévitable dans la cathédrale Saint-Louis.
 
Impression cependant totalement dissipée lorsque, seul cette fois, l’Orchestre a joué l’un de ses chevaux de bataille, la Sérénade pour cordes en ut majeur op. 48 de Tchaïkovsky. Sous la baguette vigoureuse de leur chef, les musiciens auvergnats en ont donné une interprétation en tous points magistrale, marquée notamment par un soin remarquable dans la précision des attaques et l’équilibre des pupitres.
 
Dégagée de toute épaisseur, exempte du pathos que l’on associe souvent aux œuvres de Tchaïkovsky, la Sérénade est apparue ardente et limpide, rêveuse et pleine de vie, gagnant énormément à l’approche quasi chambriste adoptée.
 
Mais revenons à Chopin, pour saluer la belle prestation du pianiste libanais Abdel Rahman El Bacha, qui a déployé, sur un Bechstein dont la sonorité surprend elle aussi, un jeu d’une grande pureté, à la fois subtil, tendre, profond et tout en nuances.

Le voici dans deux préludes de Chopin :
  

dimanche 8 octobre 2017

Saison musicale des Invalides

Dois-je l'avouer ? J'ignorais jusqu'à peu l'existence de la Saison musicale des Invalides. Nous en sommes pourtant à la 24ème saison et la programmation enthousiasmante.
  
Étroitement liée à l’histoire de l’Hôtel des Invalides, qui associe, dès sa fondation, la musique à toutes les grandes célébrations religieuses et militaires qu’il accueille, la Saison musicale propose chaque année une cinquantaine de concerts.

Jeudi soir, j'irai donc à la Cathédrale Saint Louis écouter l'Orchestre de Chambre d'Auvergne (une formation dont Christian Merlin évoque régulièrement l'excellente qualité) et le pianiste Abdel Rahman El Bacha, dans un programme Chopin et Tchaïkovsky.
  
Ce concert s'inscrit dans l'un des cycles de la Saison Lauréats des Victoires de la musique classique, lequel offre aux artistes consacrés par une révélation instrumentale ou lyrique la possibilité de se produire en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, en récital ou en formation de musique de chambre.
   
Cinq autres cycles sont proposés par le Musée de l'Armée :
   
Confidences et complaintes de soldats. À l’occasion de l’exposition d’automne Dans la peau d’un soldat, de la Rome antique à nos jours, ce cycle de 8 concerts se fait l’écho de la vie quotidienne du soldat. De l’engagement plein de fougue aux affres du doute, de l’élan le plus héroïque à l’accablement le plus sombre et à la mort parfois, de la solidarité joyeuse du régiment à la solitude et même à la mélancolie, la parole est donnée au soldat, et c’est la profondeur de son âme que nous révèle sa voix.
   
Musiques et paroles d'empereur. 14 concerts proposés à l’occasion de l’exposition Napoléon stratège, pour évoquer rumeurs et fracas des batailles au fil des campagnes napoléoniennes. De la violence des champs de bataille à l’intimité feutrée d’un salon, de la scène de l’Opéra au cadre institutionnel du Conservatoire, la musique est indéniablement le vecteur d’une stratégie napoléonienne. Et, de la stratégie militaire à la stratégie amoureuse de Napoléon Bonaparte, il n’y a parfois qu’un pas....
   
Le cycle Festival Vents d'hiver fait écho à l’ouverture du cabinet des instruments de musique militaire, pour l'essentiel dédié à la figure emblématique du facteur Adolphe Sax.
   
Cycle Jeunes talents - Premières armes. Depuis plus de 20 ans déjà, les jeunes musiciens les plus talentueux en fin de cursus au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris sont invités à se produire en concert aux Invalides, et peuvent ainsi se confronter à l’exercice périlleux de la scène.
   
Enfin, le cycle Centenaire de la grande guerre, proposé à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre et de l’entrée en guerre des États-Unis en 1917, est centrée sur les relations entre les Etats-Unis et la France.
  
Le programme détaillé peut être consulté sur le site du Musée de l'Armée :
  

dimanche 1 octobre 2017

Mosaïques à Amsterdam

Concertgebouw Amsterdam, Kleine Zaal
Profitant de deux jours de réunion à Amsterdam, j'ai franchi jeudi pour la première fois les portes du Concertgebouw. Pas la grande salle, malheureusement, car on y donnait un concert "rock symphonique" qui ne m'inspirait pas du tout. Mais l'adorable "Kleine Zaal", où l'on joue la musique de chambre et le piano.
  
C'est une jolie salle de style classique, de forme ovoïdale, très confortable et bénéficiant d'une excellente acoustique.
 
En levant la tête, j'ai découvert, en haut des murs, les noms des compositeurs les plus fameux de l'époque. Sans surprise, Mozart, Bach, Haydn, Beethoven, Schubert et Mendelssohn. Mais aussi Brahms, Grieg et Saint-Saëns, qui étaient encore vivants lorsque que la salle fût inaugurée, en 1886. Ce qui permet de mesurer la renommée dont il jouissaient ainsi que l'honneur que leur firent les Néerlandais. 
  
Juste à côté de ces trois "contemporains" apparaît le nom d'un certain Hiller, Ferdinand Hiller, compositeur et chef d'orchestre allemand, mort en 1885, qui devait être, à la fin du 19ème siècle, aussi célèbre que Brahms et Saint-Saëns, mais que la postérité a laissé sur le bord du chemin. A tort peut-être, je ne sais pas ; je me suis quand même dit qu'il fallait que je réécoute ses concertos pour piano, dont je n'ai aucun souvenir, ce qui n'est peut-être pas bon signe.
  
Au programme du Quatuor Mosaïques, point de Hiller, mais Mozart, Haydn et Schubert. A commencer par le quatrième des célèbres quatuors que Mozart a dédiés à Haydn, celui en mi bémol majeur dit "la chasse". Ensuite, l'opus 20 n°2 de Haydn, morceau superbe qui, fait rare, laisse une grande place au violoncelle, ce qui a permis de savourer la virtuosité de Christophe Coin.
  
En seconde partie, le 13ème quatuor de Schubert, "Rosamunde", joué sans affect, avec la même élégance classique que celle avec laquelle les Mosaïques ont interprété Mozart et Haydn.