jeudi 18 janvier 2018

Jason, Cavalli et Garcia Alarcon à Versailles

Leonardo Garcia Alarcón, dont j'ai plusieurs fois déjà sur ce site évoqué le travail formidable, interprétera une version remaniée de l'opéra de Francesco Cavalli, Il Giasone, les vendredi 9 et samedi 10 mars 2018, à l’Opéra Royal de Versailles. 
  
Il sera à la tête de son ensemble, la Cappella Mediterranea, et de 11 solistes, dont Valer Sabadus dans le rôle de Giasone et Kristina Hammarström dans celui de Medea. Serena Sinigaglia signe la mise en scène dans cette production très attendue du Grand Théâtre de Genève.
  
En 1649, Cavalli, le compositeur d’opéras le plus célèbre de Venise depuis la mort de Monteverdi, transforme le mythe de Jason et Médée en un opéra haut en couleurs, où se succèdent crises d'hystérie, lamentos déchirants et scènes comiques -avec force nourrices et valets travestis.
  
Partition splendide, Il Giasone fût l’opéra italien le plus joué de son siècle, avec 18 représentations à Venise et 24 productions recensées jusqu’en 1681. Un quasi record à une époque où un opéra ne tenait guère l'affiche plus de quelques jours.
  
C'est en fait à une passionnante exploration de l'opéra vénitien du 17ème siècle que continue de nous convier le jeune chef argentin, après un Eliogabalo très remarqué à l'Opéra de Paris et avant l'Erismena qui sera donnée au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis, en juin prochain, et pour laquelle je viens de prendre deux places. Ce qui me console -un peu- de ne pouvoir aller à Versailles en mars.
  

mercredi 3 janvier 2018

Star wars en musique

Maintenant que la folie des premiers jours de la diffusion de l'épisode 8 s'est dissipée, quelques mots sur la célébrissime bande originale de La Guerre des étoiles.

Au départ, George Lucas avait pensé utiliser des partitions classiques, notamment Les Planètes de Holst et Le Sacre du printemps de Stravinsky, sur le modèle de ce qu'avait fait Kubrick avec Strauss pour 2001 l'Odyssée de l'espace.

Spielberg lui recommanda plutôt de travailler avec John Williams, qui avait déjà composé la musique des Dents de la mer. Le compositeur était déjà bien connu à Hollywood, notamment pour avoir remporté un Oscar, en 1972, avec la bande originale du Violon sur le toit, le film musical de Norman Jewison.
 
Le succès de la musique de Star Wars vient en grande partie du fait que John Williams a repris à son compte, avec beaucoup de talent, le système des leitmotivs wagnériens, qui veut que chaque thème musical soit associé à un personnage, une situation, un objet, un sentiment ou une idée. Motifs mélodiques ou rythmiques collant le plus possible au personnage ou au concept auxquels ils sont associés, les leitmotivs doivent être facilement reconnaissables et mémorisables.
  
Comme les personnages, les situations et les sentiments, les leitmotivs évoluent, changent de tonalité, de pupitre instrumental ; ils se transforment, s'agglomèrent ou se disloquent, un peu comme des idéogrammes musicaux.
 
Comme l'image et le son, l'apparition d'un leitmotiv ou le mélange de plusieurs a une véritable fonction narrative : il peut décrire l'action, rappeler ce qui a lieu ou, mieux, annoncer ce qui va se passer. J'ai d'ailleurs souri en lisant, sur le net, que des fans avaient développé toute une série de suppositions sur le prochain épisode à la seule écoute attentive de l'assemblage et de l'évolution des leitmotivs dans Le Réveil de la force. Raisonnement séduisant mais qui suppose, ce qui est loin d'être certain, que John Williams n'ignore rien des scénarios à venir.
 
Les leitmotivs sont originaux, mais les mélomanes attentifs n'ont pas manqué de repérer des parentés avec des partitions célèbres.
  
D'abord avec Les Planètes de Gustav Holst, notamment la partie intitulée Mars, celui qui apporte la guerre, dont les rythmes martelés laissent entrevoir le thème de Dark Vador. Thème dont Williams inversera d'ailleurs l'ordre des notes dans la deuxième trilogie, pour caractériser le jeune Anakin, dans un motif à la fois doux et inquiet qui décrit les tourments du jeune homme et annonce le funeste personnage qu'il va devenir. Très habile.
  
Des mélomanes attentifs ont également noté une étrange ressemblance entre la musique qui accompagne la découverte des dunes de sable de la planète Tatooine et le début de la deuxième partie du Sacre du printemps. Mais la parenté la plus troublante est peut-être celle, que l'on attendait pas forcément, entre les dernières mesures de l'intermezzo de Manon Lescaut de Puccini et le thème de Luke Skywalker.
 

lundi 25 décembre 2017

55 jours de bonheur


Le Père Noël avait glissé dans sa hotte un merveilleux coffret : 55 récitals vocaux, enregistrés de 1950 à 2010, et rassemblés dans un cube tout gris publié sous label Decca.
  
On y retrouve les plus grands, bien sûr, Luciano Pavarotti, Birgit Nilsson, Joan Sutherland, Renata Tebaldi, Marylin Horne et Jonas Kaufmann, mais aussi  des chanteurs que je ne connaissais pas, ou fort peu, comme Virginia Zeani, Elena Souliotis, Maria Chiara, Sylvia Sass, Paata Burchuladze ou Susan Dunn.
  
Huguette Tourangeau et Lisa Della Casa sur qui j’avais fait un petit papier, sont elles aussi au rendez-vous :
 

 
 
La programmation est généreuse : chaque disque reprend le récital initial, sorti en 33 tours, agrémenté le plus souvent (34 CD) de bonus puisés dans l'immense catalogue de Decca. En plus, la pochette d'origine est reproduite, ce qui donne à l’ensemble un charme délicieusement rétro.
  
On n’en attendait pas moins de Decca, la remasterisation  des enregistrements des années 50 et 60 est très réussie, et les voix de Suzanne Danco, Cesare Siepi, Fernando Corena, Mario Del Monaco, Gérard Souzay et Carlo Bergonzi sont bien plus agréables à écouter que sur les vieilles cires auxquelles j’étais habitué.
  
Le répertoire italien, pour l'essentiel de Bellini à Puccini, a évidemment la part belle mais les compositeurs français, allemands ou russes sont plutôt bien servis. La plupart des récitals sont composés d’airs d’opéras, mais on trouve aussi des mélodies avec orchestre et des lieder, et bien sûr quelques raretés dont je me délecte déjà par avance.
 
De peur d'oublier quelqu'un, je préfère indiquer ici le contenu détaillé de ce très beau coffret :
 
01. 1950 Suzanne Danco "Operatic Recital"
02. 1951 Paul Schöffler "Operatic Recital"
03. 1952 Kathleen Ferrier "Recital of Bach and Handel Arias"
04. 1954 Cesare Siepi "Operatic Arias for Bass"
05. 1956 Fernando Corena "Operatic Arias for Bass"
06. 1956 Mario del Monaco "Great Tenor Arias"
07. 1956 Kirsten Flagstad "Wagner Recital & Sibelius Songs"
08. 1956 Lisa Della Casa "Lieder Recital"
09. 1956 Giulietta Simionato "Operatic Recital"
10. 1956 Gerard Souzay "French Operatic Arias & Gabriel Faure"
11. 1956 Virginia Zeani "Operatic Recital"
12. 1957 Jennifer Vyvyan "Mozart & Haydn Recital"
13. 1957 Carlo Bergonzi "Operatic Recital"
14. 1958 Giuseppe di Stefano "Operatic Recital & Italian Songs"
15. 1959 Joan Sutherland "Operatic Arias"
16. 1961 Regina Resnik "On the Wings of Opera"
17. 1961 Hilde Gueden "Sings Operetta Evergreens"
18. 1962 Teresa Berganza "sings Mozart"
19. 1963 Tom Krause "Songs by Sibelius and Strauss"
20. 1963 Peter Pears (Schubert: "Die Wintereise")
21. 1963 Birgit Nilsson "Sings German Opera by Wagner, Weber & Beethoven"
22. 1963 Robert Merrill &James McCracken "Italian Opera Arias"
23. 1964 Marilyn Horne "Recital"
24. 1964 Renata Tebaldi "Operatic Arias"
25. 1965 Hermann Prey (Schubert: "Schwanengesang")
26. 1966 Elena Souliotis "Donizetti & Verdi"
27. 1967 Regine Crespin "Song Recital"
28. 1968 Gwyneth Jones "Scenes from Verdi"
29. 1968 Luciano Pavarotti "Arias by Verdi and Donizetti"
30. 1969 Nicolai Ghiaurov "Great Scenes from Verdi" + Mussorgsky
31. 1970 Huguette Tourangeau "Arias from Forgotten Operas"
32. 1972 Maria Chiara "sings Verdi Arias"
33. 1972 Sherrill Milnes "Great Scenes from Italian Opera"
34. 1974 Hans Hotter "The Art of Hans Hotter Vol.1"
35. 1977 Sylvia Sass "Presenting Sylvia Sass"
36. 1978 Pilar Lorengar "Portrait of Pilar"
37. 1978 Elisabeth Söderström "Sings Songs for Children"
38. 1978 Mirella Freni & Renata Scotto "In Duet"
39. 1980 Martti Talvela "Mussorgsky & Rachmaninov"
40. 1984 Paata Burchuladze "Mussorgksy: Arias aus Boris Godunow"
41. 1986 Leo Nucci "Bel canto Arias"
42. 1987 Susan Dunn "Recital"
43. 1988 Cecilia Bartoli "Rossini Arias"
44. 1989 Josephine Barstow "Final Scenes"
45. 1989 Kiri te Kanawa "In Recital : Songs"
46. 1990 Brigitte Fassbaender "Liszt: Songs"
47. 1993 Sumi Jo "Carnaval"
48. 1995 Angela Gheorghiu "Arias"
49. 1998 Andreas Scholl "Heroes"
50. 1996 Renee Fleming "Great Opera Scenes"
51. 1999 Barbara Bonney "Diamonds in the Snow"
52. 2000 Matthias Goerne "Arias"
53. 2002 Juan Diego Florez "Una furtiva lagrima"
54. 2008 Jonas Kaufmann "German Arias"
55. 2010 Joseph Calleja "The Maltese Tenor"


dimanche 10 décembre 2017

O Palerme !

Palerme, Teatro Massimo - photo Jefopera
Chaque voyage, chaque déplacement professionnel, même de quelques jours, est une excellente occasion de se pencher sur la vie musicale locale. 
  
En premier, recenser les œuvres du répertoire inspirées par les lieux, ou dont l'action s'y déroule, puis s'enquérir des musiciens célèbres nés ou ayant vécu dans la ville, découvrir alors les maisons qu'ils ont habitées, les cafés qu'ils ont fréquentés, les musées qui leur sont consacrés. 
  
Et  puis, bien sûr, lorsque c'est possible, assister à un concert ou à une représentation d'opéra.

La curiosité conduit la promenade et la discipline la rédaction des billets. Si la première est toujours au rendez-vous, il arrive cependant à la seconde de manquer à l'appel, et les souvenirs deviennent peu à peu embrumés, quand ils ne disparaissent pas.
  
Ce ne sera pas le cas pour la Sicile, où je viens de passer une fort belle semaine à la fin du mois dernier. La matière musicale y est d'ailleurs si riche que je me suis demandé par où j'allais commencer.
  
Phéniciens, Grecs, Romains, Vandales, Byzantins, Sarrasins, Normands, Souabes, Angevins, Espagnols, la liste des peuples qui se succédèrent en Sicile est longue. La position géographique privilégiée de l'île, carrefour entre Orient et Occident, ainsi que la fertilité de ses terres attirèrent en effet les convoitises de nombreux envahisseurs. Loin de se combattre, les différentes cultures vinrent toutefois s'enrichir mutuellement pour former une civilisation tolérante, originale et d'une très grande richesse artistique.
  
En 1130, le royaume normand de Sicile est proclamé et le jour de Noël, est couronné son premier roi, Roger II de Hauteville, le fameux roi Roger qui inspira le compositeur polonais Szymanowski.
  
  
  
Robert le diable, de Meyerbeer, met en scène un autre Normand, le duc Robert, qui serait né de l’union du diable avec une mortelle. Chassé par ses vassaux, Robert s’est réfugié en Sicile, où il reçoit l’aide du mystérieux Bertram (qui n’est autre que le diable, son père) dans ses tentatives pour séduire la princesse Isabelle. Mais la sœur de lait de Robert, la douce Alice, fiancée au troubadour Raimbaut, va l’aider à résister à l’influence de son diabolique géniteur.
  
Considéré par Piotr Kaminski comme l’un des plus illustres fleurons de l’histoire de l’opéra, sacrifié pendant plus d’un siècle aux diverses tyrannies esthétiques, Robert le Diable fût un des plus grands succès de l'Opéra de Paris. S'il appartient certainement au genre du "Grand opéra à la française", il est aussi l'un des, sinon le premier véritable opéra romantique national.

Mettant en scène des passages obligés de la littérature gothique -pacte avec le diable, apparitions fantastiques, talismans ensorcelés et même des danses orgiaques de bonne sœurs lubriques possédées par le démon, il ouvre la voie aux grands chefs-d'oeuvre du 19ème siècle, tels Le Vaisseau fantôme, Les Vêpres siciliennes, Don Carlos et Faust.
  
  
Un siècle plus tard, alors que la Sicile est sous occupation des Angevins, une émeute éclate à Palerme le lundi de Pâques 1282, au moment des Vêpres, et la garnison française est massacrée. Un événement historique dont Verdi s'inspirera pour ses Vêpres siciliennes.
  

45 ans plus tard, un jeune musicien ambitieux vint chercher en Sicile le décor de son inspiration. Généralement considéré comme le premier témoignage officiel du vérisme musical, Cavalleria rusticana, de Mascagni, s’inspire d’une nouvelle du romancier sicilien Giovanni Verga. Représenté à Rome avec un immense succès, Cavalleria a rendu Mascagni célèbre dans le monde entier, et Verdi lui-même aurait dit, après l’avoir entendu : je puis mourir tranquille.

dimanche 3 décembre 2017

Le top ten des opéras

Opéra de Berlin
Il y a quelques années, trois chaînes allemandes (3sat, ZDFtheaterkanal et Classica) se sont unies pour demander aux téléspectateurs de choisir le plus bel opéra de tous les temps. 
  
La première étape a constitué à présélectionner 30 opéras, parmi lesquels les téléspectateurs devaient choisir 10 finalistes. 
  
De façon assez simple et objective, on a retenu les 30 opéras ayant eu le plus de spectateurs au cours des 10 dernières saisons. 

La liste ne surprendra personne car les œuvres retenues sont celles qui apparaissent le plus souvent à l'affiche des théâtres lyriques. Sur ce sujet, on ira jeter un œil sur le site operabase, qui présente des statistiques très intéressantes, dont les résultats sont pratiquement identiques à ceux des télés allemandes :
  
  
Bref, la préselection a permis de retenir les 30 opéras suivants :
  
Aïda, Un Ballo in Maschera, Il Barbiere di Siviglia, La Bohème, Carmen, La Cenerentola, Les Contes d'Hoffmann, Così fan tutte, Don Carlo, Don Giovanni, Die Entführung aus dem Serail, Fidelio, Der fliegende Holländer, Der Freischütz, Hänsel und Gretel, Lucia di Lammermoor, Madame Butterfly, Nabucco, Norma, Le Nozze di Figaro, Otello, I Pagliacci, Porgy and Bess, Rigoletto, Der Rosenkavalier, Tosca, La Traviata, Il Trovatore, Turandot, Die Zauberflöte.
  
Les organisateurs ont toutefois eu la bonne idée de laisser la possibilité aux participants d’ajouter une œuvre de leur choix à cette liste, la plus nommée entrant dans la compétition finale.
  
Pendant plusieurs mois, ces 30 opéras ont été présentés sur les chaînes participantes, dans différentes versions, et les téléspectateurs (plus de 50 000) en ont retenu 9 : Aïda, La Bohème, Carmen, Don Giovanni, Fidelio, Le Chevalier à la rose, Tosca, La Traviata et La Flûte enchantée
  
Le dixième, le choix libre, était Lohengrin ; il était en effet assez bizarre de ne pas voir apparaître Wagner dans ce top ten allemand.
  
Avec 14,5 % des suffrages, La Traviata remporte le pompon, suivie de :

La Flûte enchantée : 13,9 %
Fidelio : 13,2 %
La Bohème : 12,5 %
Lohengrin : 9,4 %
Don Giovanni : 8,8 %
Carmen : 8,3 %
Tosca : 7,1 %
Le Chevalier à la rose : 6,4 %
Aida : 5,9 %
  
Les amateurs distingués tordront sans doute un peu le nez, mais je crois qu'il faut saluer la démarche des chaines publiques allemandes (ce n'est pas la télé publique française qui se lancerait dans une telle opération...), même si on peut trouver plus intéressant le classement que propose Emmanuelle Giuliani :
  
  

samedi 2 décembre 2017

Anniversaires 2018

Charles Gounod
Allez, j'ai l'habitude de le faire chaque année, et c'est un peu le marronnier du blog : voyons quels sont les anniversaires que l'on fêtera en 2018.
  
Du côté des compositeurs, nous fêterons les 100 ans de la naissance de Leonard Bernstein, les 350 ans de celle de François Couperin et le bicentenaire de Charles Gounod.
  
Nous célébrerons aussi les 150 ans de la mort de Rossini et les 100 ans de celle de Debussy.
  
Du côté des œuvres du répertoire, nous nous souviendrons de la création, au MET, de Lodoletta de Mascagni et du bien plus célèbre Triptyque de Puccini. C'est aussi en 1918 que Bartok fit jouer pour la première fois, à Budapest, Le Château de Barbe-Bleue.
    
L'année 1818 est un peu plus maigre, avec seulement deux opéras à signaler, Mosè in Egitto de Rossini et Enrico di Borgogna de Donizetti. Quant à 1718, je n'ai rien trouvé....
  
C'est sans doute Gounod que l'on fêtera le plus et j'en suis ravi. Voici l'un de mes airs préférés, extrait de Sapho :
  

mercredi 15 novembre 2017

Bruch et Beethoven à Saint-Louis des Invalides

Laurent Korcia
Très beau moment musical, hier soir, à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides.
  
J’ai retrouvé avec un grand plaisir l'Orchestre de Picardie, 20 ans après un long séjour à Amiens au cours duquel je me rendais, chaque semaine, dans une antique chapelle, pour écouter Louis Langrée expliquer et jouer les œuvres du répertoire symphonique.
  
Sous la baguette vigoureuse d’Arie van Beek, chef néerlandais qui, avant de prendre ses fonctions à Amiens, dirigeait l'Orchestre d'Auvergne, la formation picarde a donné une lecture fougueuse à souhait de la 7ème symphonie de Beethoven, précédée d’une belle interprétation, par Laurent Korcia, de l’un des piliers du répertoire pour violon, le premier concerto de Max Bruch.
  
Un jeu d’une grande élégance, à la fois pudique et enflammé, mais sans effusion inutile, dans un juste ton rendant parfaitement hommage à cette page romantique, dont la célébrité a totalement éclipsé les autres œuvres du compositeur allemand, notamment les deuxième et troisième concertos pour violon et la Fantaisie écossaise.
  
Ce concert, diffusé en direct hier soir sur Radio Classique, s'inscrivait dans le cycle Lauréats des Victoires de la musique classique, lequel offre aux artistes consacrés par une révélation instrumentale ou lyrique la possibilité de se produire en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, en récital ou en formation de musique de chambre.
  
Rendez-vous le 30 novembre, pour un programme beaucoup plus contemporain autour de la vie des soldats. Avec bien sûr, l'Histoire du soldat de Stravinsky.